C’était risqué, même ses soutiens le reconnaissaient à mi-voix, mais c’était nécessaire, lui en était persuadé. Lui qui avait quitté la mairie en 2016 y signe donc son retour, mais la victoire se fait plus difficile à décrocher.

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L’explosion de joie, devant la permanence de Gilles Simeoni, est à la hauteur de l’enjeu de ces municipales bastiaises, vers lesquelles, sur l’île, tous les regards sont tournés.

Avec 44,49 % des suffrages, Gilles Simeoni l’a emporté à Bastia, dans cette même ville où, il y a 12 ans, il tirait un trait sur des décennies de suprématie zuccarelliste, et mettait sur orbite sa carrière politique.

Ce n’était pas gagné.

D’abord parce que face à lui se dressait une alliance, menée par Julien Morganti, qui voulait rassembler les forces d’opposition afin de gagner ses municipales 2026, et d’entrer à l’hôtel de ville.

Ensuite parce que 12 ans, c’est long, que le pouvoir use, et après avoir bénéficié de l’envie de changement d’une ville, on n’est jamais à l’abri d’en être victime à son tour.

Enfin parce que, à Bastia, certains lui tenaient encore rigueur d’avoir quitté la mairie, en janvier 2016, pour voguer vers d’autres horizons, plus régionaux. Et ils ont modérément apprécié ce retour, après des mois et des mois de circonvolutions.

Et pour couronner le tout, il y a eu l’apparition d’un candidat porteur d’un discours inédit, mêlant nationalisme et propos à la droite de la droite, et menaçant de bouleverser l’équilibre des forces, Nicolas Battini.

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Réaction de Michel Castellani

©France 3 Corse ViaStella

La victoire, dans ces conditions, n’en est que plus belle. Mais c’est loin d’être un raz-de-marée.

Gilles Simeoni, qui rêvait très certainement de franchir les 50 %, devra se contenter de 431 voix d’avance sur le duo Mondoloni – Morganti.

Et puis surtout, il a réuni sur son nom 6825 voix, soit moins de 100 voix de plus que celles qui s’étaient portées en 2020 sur le nom de Pierre Savelli, le maire sortant, dont il a pris la place pour ces municipales 2026…

Cela suffira à rouvrir les portes du Rond-point Noguès au leader nationaliste.

Mais cette municipale était bien plus qu’une municipale, même si le candidat s’en est défendu tout au long de la campagne.

En effet, les prochaines territoriales se profilent à l’horizon, et le scrutin de ce mois de mars était un vrai test pour la majorité territoriale, alors que l’exécutif aiguise bien des appétits.

Et la démonstration de force a plutôt été du côté de celui qui, depuis quelques années, n’hésite pas à contester la suprématie de Gilles Simeoni. Jean-Christophe Angelini a remporté une nouvelle fois la mairie de Porto-Vecchio, et de belle manière, en prenant le dessus dans les urnes dès le premier tour sur trois autres listes, dont une, que certains n’ont pas hésité à juger de circonstance, réunissant Femu a Corsica et Core in Fronte.

Quant à la droite, à Ajaccio et dans plusieurs de ses fiefs insulaires, elle a confirmé qu’il faudrait compter avec elle.

Pour autant, avec cette victoire bastiaise, Gilles Simeoni prouve qu’il a de la ressource, et que ses troupes sont en ordre de marche dans la perspective de futurs combats.

Quoi qu’il en soit, il faudra se garder de tirer des conclusions définitives de ces municipales, tant le passé nous a prouvé que celles et ceux qui ont cherché à lire dans les scores comme d’autres dans le marc de café se sont régulièrement trompés…

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