En mars 2004, une soirée entre amis vire au drame sur le parking d’une discothèque d’Arthez-de-Béarn. Julien, 21 ans, s’effondre après avoir reçu un coup de couteau en pleine poitrine. Deux ans plus tard, son agresseur comparaît devant la cour d’assises. Que s’est-il passé cette nuit-là ? Thierry Sagardoytho vous raconte.

Une nuit de fête qui tourne au drame

Au petit matin du dimanche 21 mars 2004, les gendarmes de la brigade d’Orthez se rendent à Sarpourenx. Ils doivent annoncer l’impensable : Julien, 21 ans, est mort.

Quelques heures plus tôt, vers 4h20, une rixe a éclaté sur le parking de la discothèque L’Insomnia, à Arthez-de-Béarn. Le jeune homme a été poignardé à plusieurs reprises.

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La nouvelle se répand très vite parmi ses proches. Sa mère, Béatrice, est sous le choc. Sa sœur Aurore, 18 ans, ne comprend pas. Julien était un garçon sans histoire, apprécié de tous. Amateur de pêche et de nature, il aimait aussi sortir en boîte le samedi soir avec ses amis.

Une altercation confuse sur fond d’alcool

Ce samedi 20 mars, Julien fête un anniversaire avec sa compagne et plusieurs amis. La soirée débute à Sarpourenx, avant de se poursuivre à L’Insomnia à Arthez de Béarn.

Vers 4h15, le groupe quitte l’établissement. Sur le parking, un jeune homme inconnu s’approche. Il semble nerveux. Les échanges se tendent rapidement. Le ton monte, des coups sont échangés.

Pris à partie, l’individu se réfugie à l’intérieur de la discothèque. Le patron, inquiet, alerte les gendarmes. Mais à l’extérieur, la tension ne retombe pas.

Contre toute attente, la porte s’ouvre. Le jeune homme ressort, accompagné de deux autres individus. L’un d’eux se dirige vers un véhicule et en revient armé d’un couteau.

Un coup fatal en quelques secondes

Selon les témoins, l’agresseur revient au milieu du groupe, tenant une arme blanche dans la main. En quelques instants, il frappe.

Julien est touché une première fois au bras, puis une seconde en pleine poitrine. Il s’effondre immédiatement.

Ses amis tentent de le secourir, pratiquent un massage cardiaque, alertent les secours. Mais il est déjà trop tard. Julien succombe à ses blessures. Il avait 21 ans.

Sur place, la situation devient explosive. Les proches de la victime veulent se venger. Les gendarmes doivent intervenir pour éviter un nouveau drame.

Le suspect, Abdel, 24 ans, est interpellé sans résistance.

Une version contestée par l’enquête

Placée en garde à vue, l’homme livre sa version. Il affirme avoir voulu se défendre, après avoir été pris à partie. Selon lui, Julien se serait « empalé » sur le couteau qu’il brandissait.

Une version qui interroge les enquêteurs.

Les investigations révèlent qu’une première altercation avait déjà éclaté plus tôt dans la nuit. Des propos provocateurs, dont certains en raison de la couleur de peau visant Abdel avaient mis le feu aux poudres.

L’alcool, largement consommé par plusieurs protagonistes, a contribué à brouiller les témoignages et à attiser les tensions.

Un procès sous le signe du drame évitable

Inconnu de la justice, Abdel est mis en examen pour coups mortels et placé en détention.

L’enquête met en lumière une succession d’événements ayant conduit au drame : une première altercation, des tensions persistantes, et surtout la décision du patron de la discothèque de faire sortir les protagonistes alors que les gendarmes étaient en route.

Julien et son agresseur ne se connaissaient pas.

Deux ans plus tard, en mars 2006, Abdel comparaît devant la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques. Il affirme n’avoir jamais voulu tuer.

Après délibération, la cour le condamne à quatre ans de prison.

À Sarpourenx, la douleur reste intacte. La famille de Julien, elle, continue de vivre avec l’absence.

Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Chaque semaine, dans « Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho »,  l’avocat et chroniqueur judiciaire rouvre un dossier parmi les archives judiciaires du Béarn, de la Bigorre et du Pays Basque. Revivez ces affaires, tantôt célèbres, tantôt oubliées, qui ont fait la Une de l’actualité.

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