Par
Thomas Rideau
Publié le
23 mars 2026 à 7h14
Une surprise pour beaucoup. Ce mois de mars 2026, Compadre, restaurant situé sur le boulevard Bonne-Nouvelle à Paris, dans le 10e arrondissement, à deux pas de la station de métro Strasbourg Saint-Denis, a dû fermer ses portes. « Délicieux », « originaux », « vaut le détour », les avis élogieux s’accumulent, pourtant, l’établissement n’a pas pu fêter sa deuxième année d’exploitation.
Un passif « trop important » pour le restaurant parisien
Tout se présente bien lors de l’ouverture le 21 juin 2024 pour Felipe Camargo, le chef colombien et son associé Hugues Chevallereau. Les critiques élogieuses s’enchaînent sur les différents médias spécialisés dans l’actualité gastronomique. D’autant plus que le restaurant est installé dans un « secteur dynamique » et sur un « boulevard très fréquenté ».
18 mois plus tard, le 4 février 2026, les dirigeants se sont rendus au tribunal des affaires économiques pour se déclarer en cessation de paiements. Avec un chiffre d’affaires annuel de 100 000 euros, la société Compadre fait face à un impressionnant passif de presque un demi-million d’euros dont une partie est exigible. Sans même passer par la case du « redressement judiciaire », classique dans ce genre de situation, le tribunal a décidé de liquider directement la société.
« Le redressement ne peut être envisagé », indique la justice. Compadre est considérée comme une activité « jeune » avec seulement 18 mois d’existence. Ce qui sous-entend que le modèle économique n’est pas parfaitement fixé. Une donnée rédhibitoire pour le tribunal des affaires économiques. Sans oublier ce « passif trop important ».
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Pour Hugues Chevallereau, c’est un crève-cœur. « On avait les avis et les retours élogieux mais on a manqué de passage », résume-t-il à actu Paris. « ça a été très compliqué comme moment », indique celui qui gère aussi le restaurant bistronomique Selva, dans le 5e arrondissement. Atteindre l’équilibre s’est avéré trop compliqué pour le patron. « ça commençait à mettre en danger Selva. J’ai préféré me couper le bras plutôt que de tout perdre. »
Mais pourquoi cet échec ? Si les retours étaient très positifs, il prend un peu de hauteur, « peut-être que le concept n’était pas assez adapté au quartier ? », se demande-t-il. Il déplore aussi un manque visibilité avec un kiosque et un arrêt de bus juste devant le commerce. Sans oublier « des consommateurs de cracks très présents » dans le secteur « surtout entre la fin d’année 2024 et début 2025 ». En bref, « si c’était à refaire, je me réinstallerais jamais là-bas », explique celui qui espère se concentrer uniquement sur Selva, dorénavant.
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