Le chœur n’y est plus. Ce vendredi, dans un théâtre Graslin comble, le chœur de l’orchestre national des Pays de la Loire a donné son dernier concert, seul avec piano. En début de saison, l’ONPL a annoncé dissoudre son chœur en juin 2025, après les nombreuses coupes des subventions subies de plein fouet par l’orchestre.

Depuis vingt ans, Valérie Fayet a amené les choristes amateurs à l’excellence. Il faut du temps, de l’engagement pour arriver à un tel niveau. Tous ces bénévoles se retrouvent chaque semaine pour répéter à Nantes ou à Angers et suivent des cours de technique vocale. Cette soirée illustre le chemin parcouru avec de nombreuses pièces a capella ou accompagnées par l’excellent pianiste Thibault Maignan.

Émotion sur scène et dans la salle

Chanter en différentes langues et dans des styles très divers est un exercice périlleux. Mais la rigueur et la passion qui animent la cheffe de chœur Valérie Fayet emmènent les choristes dans une belle communion. Ses gestes sculptent la musique. Elle obtient de belles couleurs vocales comme les « Trois Hymnes » d’Alfred Schnittke, une grande homogénéité des pupitres. La large palette des nuances met en relief « Les Djinns » de Gabriel Fauré, les « Chansons moraves » d’Anton Dvorák, pour ne citer que quelques morceaux.

L’émotion sur scène et dans la salle est palpable, avec l’ovation du public debout. Une banderole fleurit au deuxième balcon. Le bis « Adios Nonino » d’Astor Piazzolla résonne douloureusement comme la fin d’une époque. Le chœur chante en juin « l’Hymne à la joie » de Ludwig von Beethoven pour son dernier concert avec l’orchestre de l’ONPL, un curieux pied de nez au destin.