En ce lundi matin 23 mars 2026, Jean-Marc Ayrault est triste en apprenant le décès de Lionel Jospin. L’ancien premier ministre et premier secrétaire national du Parti socialiste s’est éteint à l’âge de 88 ans. Je suis très peiné. Je savais qu’il était malade et qu’il se battait avec courage… C’est une triste nouvelle. Mais c’est l’occasion de lui rendre hommage.

« Il a inventé le droit d’inventaire »

Au fil des années, l’ancien député-maire socialiste de Nantes et lui aussi ancien hôte de l’Hôtel Matignon, avait noué des liens étroits et d’amitiés avec Lionel Jospin. J’ai beaucoup appris de la politique avec lui, se souvient-il.Les premiers temps où j’ai travaillé avec lui, c’était après la défaite de la gauche aux élections législatives de 1993. C’est à partir de là qu’il a inventé en 1995 le droit d’inventaire des deux septennats de François Mitterrand. Il l’a fait dans l’intérêt du bon fonctionnement démocratique et l’exigence ethnique dans un parti qui venait de subir une défaite et qui n’avait pas dit son dernier mot.

LIRE AUSSI. Résultats municipales 2026 à Nantes. Johanna Rolland, maire PS : « Oui nous avons eu peur, oui nous avons tremblé »

« Un socialisme responsable, réaliste et audacieux »

Candidat à l’élection présidentielle de 1995, Lionel Jospin arrive au second tour grâce à ce travail de fond. Celui d’un socialisme responsable, réaliste et audacieux. Et en 1997, après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République RPR Jacques Chirac, il est mis en situation d’être Premier ministre pendant cinq ans. Avec la gauche plurielle à laquelle il était très attaché. Il a lancé de grandes réformes, à l’exemple des 35 heures ou des emplois jeunes. Mais il a butté malheureusement à la présidentielle de 2002 où Jean-Marie Le Pen l’a devancé. Ça l’a beaucoup affecté. Et il a pris le temps de la réflexion.

Jean-Marc Ayrault salue ce grand Monsieur avec lequel il a appris, assure-t-il, à faire de la politique différemment, avec exigence éthique et intégrité. Jean-Marc Ayrault se souvient des années où il présidait le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, à partir de 1997, et des cinq années passées aux côtés de Lionel Jospin. Toutes les semaines, on travaillait ensemble. C’était un vrai chef qui savait animer une équipe. Il faisait honneur à l’engagement politique.

LIRE AUSSI. Mort de Lionel Jospin. Quand Lionel racontait Jospin au Mans

« Un vrai socialiste, un homme d’État, un républicain »

S’il ne l’avait pas vu depuis quelque temps, Jean-Marc Ayrault avait tout récemment échangé avec Lionel Jospin. En tant que président de la Fondation jean-Jaurès je l’avais convié à l’événement que préparons pour le 9 avril à l’occasion des 100 ans de la naissance de jean Poperen. Et il m’a envoyé un petit mot pour me dire que son état de santé ne lui permettrait pas d’y participer.

À l’heure du décès de son ami et de cette grande figure du socialisme, l’ancien député-maire de Nantes rappelle que Lionel Jospin était un vrai socialiste, un homme d’État et un républicain. Tout le monde n’était pas d’accord avec lui au sein du PS, mais tous ceux qui l’ont connu avaient de l’estime et du respect pour lui ».