Publié le
23 mars 2026 à 18h10
Face à la multiplication des crises sanitaires, la réponse doit être collective. C’est le message central qui a traversé l’assemblée générale de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine, organisée autour d’une table ronde consacrée aux épizooties. Pour le syndicat, cette logique d’action commune vaut autant pour la santé animale que pour la défense de l’agriculture.
« 2025 a été une année de combat », a résumé le président de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine, Cédric Henry. Une année marquée par le marathon des élections aux chambres d’agriculture, les mobilisations contre le Mercosur à Bruxelles ou encore les actions autour du dossier du Sage Vilaine.
Le responsable syndical revendique une organisation ancrée dans le terrain. « À la FDSEA, tout part de la base. Faites-nous part de vos remarques, de vos coups de gueule, alertez-nous », a-t-il lancé aux adhérents. Un collectif qui continue de se renouveler avec l’arrivée d’anciens responsables des Jeunes Agriculteurs dans les instances.
Une année agricole sous tension
L’année écoulée a également été marquée par plusieurs secousses pour les filières. La fièvre catarrhale ovine (FCO) a frappé les élevages, tandis que d’autres menaces sanitaires se profilent. Sur le plan économique, les éleveurs porcins ont subi une baisse des cours. « Il manque encore 30 centimes », a rappelé Cédric Henry. La filière laitière reste elle aussi sous surveillance, avec une attention portée au prix du litre de lait.
Dans ce contexte, le syndicat revendique un mode d’action multiple. « Nous avons mené des actions visibles avec 250 tracteurs pour nous opposer à la modification du Sage, mais aussi des actions plus discrètes », souligne le président. « Nous sommes un syndicat de solutions. »
Vidéos : en ce moment sur ActuUne réponse collective aux épizooties
Cette logique collective a été au cœur de la table ronde consacrée aux risques sanitaires. Selon Marylise Le Guénic, vétérinaire à la Chambre d’agriculture de Bretagne, plusieurs maladies restent sous surveillance.
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La fièvre catarrhale ovine a fortement touché la région l’été dernier, avec une prédominance du sérotype FCO3 en Ille-et-Vilaine. La maladie hémorragique épizootique (MHE) a davantage concerné la Loire-Atlantique et le Morbihan, même si le sud du département a été touché en 2024. « Le risque est toujours présent », prévient-elle, d’autant que la couverture vaccinale reste limitée. Avec des conditions climatiques douces et humides, une reprise de l’épidémie est jugée probable.
D’autres menaces demeurent. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) semble en phase de recul, avec la disparition des cas en France fin février et uniquement des zones vaccinales maintenues. Mais la vigilance reste de mise face à l’influenza aviaire hautement pathogène, liée aux migrations d’oiseaux, ou encore à la peste porcine africaine qui progresse en Europe.
« On ne gagne ces combats que collectivement »
Pour Hervé Radenac, président du GDS Bretagne, la gestion sanitaire repose d’abord sur la surveillance. « Il y a des maladies émergentes. Notre rôle est d’abord dans la veille. »
Le réseau travaille notamment sur le suivi des culicoïdes, ces insectes vecteurs de la FCO, qui ont continué de circuler durant l’hiver. Des recherches sont en cours pour identifier les sérotypes présents.
« On ne peut gagner contre ces maladies que de manière collective », insiste Hervé Radenac. Le GDS propose ainsi un accompagnement technique aux éleveurs, par exemple sur les avortements ou la mortalité liée à la FCO.
La vaccination reste aujourd’hui l’outil principal. « Il n’y a pas de rupture de vaccins, mais c’est maintenant qu’il faut vacciner », rappelle-t-il.
Un fil conducteur syndical
Pour la secrétaire générale de la FDSEA 35, Laetitia Bouvier, cette logique collective irrigue l’ensemble des combats syndicaux. « Notre leitmotiv est la défense de tous les agriculteurs, de toutes les agricultrices et de toutes les agricultures. »
Du dossier du Sage Vilaine aux mobilisations contre certaines contraintes environnementales ou foncières, la ligne reste la même : proposer, expliquer et défendre. « Nous représentons nos adhérents : c’est la base qui décide. »
Une méthode qui, selon le syndicat majoritaire du département, explique aussi sa place lors des dernières élections à la chambre d’agriculture. Un résultat que ses responsables voient comme la confirmation d’une stratégie collective pour affronter les crises agricoles, sanitaires comme économiques.
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