Par

Paul-Emile Bouchy

Publié le

23 mars 2026 à 18h53

Lors du second tour des élections municipales 2026 à Nancy, le maire sortant Mathieu Klein (PS) est arrivé largement en tête en recueillant 49,68 % des suffrages exprimés.
Au lendemain de sa réélection à la tête de la cité ducale et à l’aube de ce nouveau mandat, il a accordé une interview à Lorraine Actu.

Actu : Qu’est-ce que le résultat de cette élection municipale dit de votre précédent mandat ?

Mathieu Klein : Je crois que ce résultat conforte une dynamique. Les Nancéiennes et les Nancéiens nous ont dit qu’ils souhaitaient que nous poursuivions notre travail. Ils nous ont dit : « Vous avez réveillé Nancy, vous avez commencé à transformer Nancy. Nous avons envie que vous continuiez sans vous donner un blanc-seing. » C’est un score net et sans appel. Ils ont clairement fermé la porte au retour de l’immobilisme et ils ont aussi dit, je crois, que la peur ne constituait pas un projet.

Qu’est-ce que vous avez envie de dire aux 3/4 des Nancéiens qui se sont abstenus ou qui n’ont pas voté pour vous ?

M.K. : C’est le lot des élections. Si on se réfère à l’élection municipale de 2008, par exemple, le taux de participation était encore moins élevé. Je m’adresse à tous les Nancéiens, je suis le maire de tous les habitants qu’ils soient inscrits ou pas sur les listes électorales, qu’ils soient électeurs ou abstentionnistes, qui aient voté pour moi ou pour d’autres listes. J’ai un profond respect de cette défense de l’intérêt général. Je suis là pour d’abord rassembler les habitants autour d’un projet et de valeurs.

Quelles sont vos priorités pour les prochains mois ?

M.K. : Nous allons dès cette année multiplier par 4 le budget consacré à la rénovation des écoles : le confort thermique, les sanitaires, les espaces de restauration… La priorité, c’est le confort des enfants et je veux que nous mettions un vrai coup d’accélérateur. Je souhaite aussi dans les prochaines semaines que nous puissions travailler à une meilleure sécurisation des trottoirs et des espaces piétons. Je n’accepte pas l’idée que les piétons dans la ville puissent se sentir mal à l’aise ou en danger. Cela passera par un renforcement de la prévention et éventuellement par un arrêté interdisant les trottinettes électriques dans les parcs. Enfin, il y a aussi la perspective des travaux rue Saint-Dizier avec la nécessité de changer la canalisation vétuste qui approvisionne la ville en eau potable. Ils débuteront à la fin de l’année après une concertation large avec les habitants et les commerçants.

Revenons sur votre premier mandat. Auriez-vous fait certaines choses différemment avec du recul ?

M.K. : Si c’était à refaire, sur le musée Lorrain, je m’y prendrais différemment. Je me suis laissé convaincre par l’argument financier qui était de dire qu’il y avait déjà un plan de financement très solide avec l’Etat et la Région alors que mon projet initial était plutôt de modifier en profondeur celui arrêté par Laurent Hénart. On m’a dit que si on recommençait à zéro, nous n’obtiendrions pas un niveau de cofinancement aussi élevé, et j’ai dit ok. Finalement, les années passant et la guérilla judiciaire se poursuivant, cet avantage a fondu comme neige au soleil pour finalement en 2025, revenir à mon option d’origine en concentrant la muséographie sur tous les niveaux du palais ducal.

À titre personnel, est-ce que cette élection de 2026 a plus de saveur que celle de 2020 ?

M.K. : Celle de 2020 était très émouvante parce que l’alternance historique à Nancy, c’était quelque chose que des générations de Nancéiens de gauche attendaient, mais dans un contexte hors norme où nous n’avons même pas vraiment pu nous congratuler. 2026, c’est vraiment une élection qui marque le soutien à une politique, à des choix, à une certaine idée de la ville de Nancy, une certaine idée de son destin et c’est pour moi infiniment plus gratifiant.

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