Le maire LFI de Grabels a été balayé par son opposant Pascal Heymes. Retour sur le parcours d’un proche de Mélenchon bien utile à la Métropole.

C’est une figure de la métropole qui vient d’être balayée par les électeurs. Le maire LFI de Grabels René Revol a été battu par son opposant historique Pascal Heymes, dont il a dit pis que pendre, suggérant même dans cet entre-deux tours un positionnement à l’extrême-droite de ce dernier. Que va devenir, à 78 ans, l’ancien prof d’économie qui a eu comme élèves le maire de Montpellier Michaël Delafosse et le nouveau maire de Nîmes Vincent Bouget ? « Ne vous inquiétez pas pour lui, son expertise nous sera très utile ! » dit Antoine Bertrand, son directeur de cabinet à Grabels, devenu élu du groupe Oziol à Montpellier (il était deuxième sur la liste).

Proche de Mélenchon

René Revol va donc conseiller le réseau de nouveaux élus LFI, et appuyer, dans un an, le député sortant Sylvain Carrière pour sa réélection. N’a-t-il pas, comme l’a titré l’hebdomadaire Marianne « survécu à 55 ans de mélenchonisme » ? Ce qui rendrait donc n’importe qui inoxydable… René Revol est en effet un proche de Jean-Luc Mélenchon qu’il a rencontré en 1970 à Besançon alors que celui-ci était étudiant. Ils militeront ensemble chez les trotskistes lambertistes (à l’Organisation communiste internationale) puis au PS. Mélenchon ministre de l’enseignement professionnel de Jospin appelle René Revol comme chargé de mission. Les deux quittent le PS, virent à gauche au PG (le Parti de gauche) qui devient LFI. Quand en septembre 2023, René Revol se fait agresser dans la rue, qui accourt à la manif de soutien ? Mélenchon en personne.

Investir

René Revol a attendu la retraite pour devenir maire de Grabels, en 2008. Sa commune grossit et les besoins en matière d’habitat explosent. Les logements sociaux représentent 4 % du parc total de la commune à son arrivée, ils sont aujourd’hui à 17 % et avec le projet de zac de Gimel, Grabels aurait atteint les 25 % exigés par la loi. Une zac où doit s’installer la clinique Clémentville. Car en bon prof d’éco, René Revol avance la nécessité d’investir pour la commune, n’hésitant jamais en conseil municipal à jongler avec les concepts : de la consommation des ménages aux exportations, en passant par les dépenses de l’État qui aboutissent… à des choix pour Grabels.

Une vision qui a fait de lui un Insoumis compatible avec le PS montpelliérain. Vice-président en charge de l’eau, il travaille au passage en régie et met en place la tarification éco-solidaire. En charge des déchets depuis 2024 et le départ de l’écologiste Vasquez opposé au projet d’une filière CSR (combustible solide de récupération), René Revol récupère le costume et se fait l’ambassadeur de ce procédé, au nom du pragmatisme. Le président de la Métropole pourrait bien regretter l’éviction de son « cher René ».

Maire jusqu’à vendredi, il n’aura pas à présider la séance d’installation de son rival, car il n’est pas le doyen d’âge. Siégera-t-il dans l’opposition ? Nous n’avons pas eu la réponse à cette question. Simplement celle que la rédaction du tome 2 de « 60 ans d’engagement » est en cours. L’auteur y parlera bien sûr d’un certain Jean-Luc.