Qu’est-ce qui va changer pour les Parisiens et Parisiennes, dans les années à venir ? Quel sera le nouveau visage de la capitale ? Un petit tour d’horizon des principales promesses du nouveau maire Emmanuel Grégoire, permet de se faire une idée.
Interdiction des résidences secondaires
Le logement était l’un des enjeux principaux de la campagne à Paris, où nombre d’habitants et habitantes ne parviennent plus à se loger. Pour lutter contre ce phénomène, Emmanuel Grégoire veut créer 60.000 logements publics (sociaux et abordables), avec un rééquilibrage à l’ouest, et souhaite interdire les nouvelles résidences secondaires. « À Paris, un logement sur 5 est vacant ou inoccupé, soit près de 300.000 appartements, dont la moitié de résidences secondaires. Dans une ville aussi dense que Paris, il n’est pas normal que des millions de mètres carrés de logements soient vides », argumente son programme.
Une refonte du périscolaire
Au rayon éducation, Emmanuel Grégoire veut moduler les dotations financières aux établissements privés en fonction de critères de mixité sociale. Pour faire face aux révélations de violences commises par des animateurs dans le périscolaire, il s’engage à une véritable « refonte » du secteur, et notamment à empêcher qu’un adulte puisse se retrouver seul avec un enfant. « Aucun enfant ne sera jamais laissé seul avec un adulte, afin de rendre impossibles les conditions de l’abus », énonce son programme. Il propose aussi de mettre fin aux contrats de vacations morcelées en recrutant 2.800 agents sur des temps continus. La Ville emploie actuellement 14.000 agents sur les temps périscolaires dont seulement 3.300 titulaires, pour 1.000 contractuels et 10.000 vacataires, favorisant un turn-over qui complique la formation des agents et agentes.
Des amendes salées en cas de dépôt sauvage
En 2025, 71 % des Parisiens se disaient mécontents du bilan d’Anne Hidalgo sur la propreté. Le nouveau maire veut créer des brigades anti-incivilités au sein de la police municipale et porter à 500 euros minimum les amendes pour dépôt sauvage, qui sont actuellement à 68 euros. « Nous mettrons en place une collecte sur rendez-vous à domicile et à l’étage, de tous les gros encombrants – meubles, électroménager… – pour favoriser leur réemploi », promet aussi l’édile.
« 1.000 rues piétonnes » et des « vélo-écoles »
Alors que le plan vélo 2020-2026 adopté par la majorité sortante n’a été mis en œuvre qu’à 40 %, beaucoup reste à faire, notamment rééquilibrer les aménagements entre l’Est et l’Ouest, moins bien doté. Emmanuel Grégoire a présenté début février ses mesures, à commencer par la sécurisation des quinze voies de bus les plus fréquentées. L’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo promet aussi une « coopérative » pour des locations abordables – notamment de « vélos-cargos » – et la création d’une « vélo-école » dans chaque arrondissement. Au rayon mobilités, l’élu PS fixe par ailleurs un objectif de « 1.000 rues piétonnes » sur les 6.500 que compte la Ville de Paris, « d’ici la fin du mandat ».
Protéger la diversité commerciale grâce à la préemption
Le nouveau maire de Paris veut augmenter les moyens alloués à la préemption des commerces en ciblant les zones à forte vacance, pour lutter notamment contre la disparition des « commerces utiles ». Les moyens de la société d’économie mixte Paris Commerces seront renforcés pour mieux maîtriser les loyers et protéger la diversité commerciale. Le candidat n’a toutefois pas précisé l’enveloppe qui sera débloquée.
Des « kiosques » mobiles pour la police municipale
Emmanuel Grégoire souhaite recruter 1.000 agents supplémentaires et installer des « kiosques » mobiles, inspirés des kôban japonais, présentés comme des « mini-postes sur le terrain ». Répartis dans tous les arrondissements et positionnés sur les « points chauds » de la capitale, ces kiosques fonctionneraient 24 heures/24 avec cinq à six agents chacun. Le candidat socialiste assume une approche fondée sur la visibilité policière. « Une des clés, c’est de considérer que la présence policière de terrain ne règle, certes, pas tout, mais reste extrêmement efficace contre la délinquance. Il faut du bleu sur le terrain », affirme-t-il.