L’Allemagne est en émoi suite aux révélations choquantes de l’animatrice Collien Fernandes. Le 19 mars, la quadragénaire a décidé de porter plainte contre son ex-mari, Christian Ulmen, pour « agression, usurpation d’identité et diffamation ». Elle l’accuse de l’avoir « virtuellement violée » en publiant de fausses vidéos pornographiques avec son visage et sa voix.
Victime de harcèlement en ligne depuis plusieurs années, l’animatrice se battait depuis près de cinq ans pour tenter de trouver la ou les personnes à l’origine de la diffusion de ces deepfakes pornographiques. Dans ces vidéos, Collien Fernandes y était mise en scène de manière humiliante et dégradante, selon ses déclarations.
« On m’a volé mon corps »
« Pendant des années, de faux profils ont été créés à mon nom, une personne envoyait de (fausses) photos nues et des vidéos sexuelles de moi, qui semblaient privées et devaient donner l’impression que je m’étais moi‑même prise en photo nue et filmée pendant un rapport sexuel », a-t-elle expliqué dans un post Instagram publié le 20 mars.
Elle explique que Christian Ulmen lui aurait avoué les faits à la suite de sa plainte, déposée une première fois à Berlin en novembre 2024, puis plus récemment en Espagne où résidait le couple, séparé depuis septembre 2025 et officiellement divorcé depuis ce mois de mars. « On m’a volé mon corps pendant des années », a-t-elle écrit.
Une loi sur les violences numériques
A la suite de ces révélations, le gouvernement allemand a annoncé vouloir criminaliser la création et la diffusion d’images et vidéos à caractère sexuel générées par intelligence artificielle – les fameux « deepfakes » –, et contraindre les plateformes à agir.
Une loi sur les violences numériques doit être présentée « dans un délai très court », a déclaré Eike Hosemann, porte-parole du ministère de la Justice, vendredi dernier. « Le droit pénal n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être, en particulier lorsqu’il s’agit de deepfakes, mais aussi d’autres sujets », a-t-il ajouté.