L’industrie automobile allemande se grippe. Symbole des difficultés rencontrées par ses constructeurs, le groupe Volkswagen rencontre une crise sans précédente depuis le scandale du Dieselgate. Dans un entretien accordé au quotidien allemand « Bild am Sonntag », son PDG Oliver Bume, a confirmé l’ampleur du plan de la restructuration programmée. Pour le dirigeant, « développer, construire et exporter des véhicules en Allemagne n’est plus viable. Les différentes régions du monde ont évolué de façon trop radicale. »

Le constructeur a fait de la réduction de ses coûts de production une priorité, malgré la reprise de ses commandes. La question de ses surcapacités de production se pose aussi. Elle pourrait conduire à la fermeture de huit usines en Allemagne, selon le scénario catastrophe du cabinet McKinsey.

50 000 emplois supprimés d’ici 2030

Pour l’heure, le dirigeant a rappelé que le pilier central du redressement du groupe, repose sur la suppression de 50 000 emplois d’ici 2030. Cette mesure concerne Volkswagen, mais aussi Audi et Porsche, ou encore Cariad, sa filiale spécialisée dans les logicielle.

Une solution présentée comme nécessaire par Oliver Blume face au coût élevé de la main d’œuvre en Allemagne, et de l’énergie. Dénonçant également une réglementation européenne jugée excessive, il mise sur une stratégie visant à rationnaliser les opérations dans chaque usine au regard des marchés locaux. En Allemagne, les trois principaux sites d’assemblage auraient déjà réduit de 20% leurs coûts de production l’an dernier, selon le constructeur.

Des ventes en chute en Chine et aux Etats-Unis

Confrontés à de vents contraires, le groupe Volkswagen a dû composer ses dernières années avec des investissements massifs dans l’électrique, tout en faisant face à la concurrence chinoise, et à la chute de ses ventes sur le premier marché automobile mondial. 

Rappelons que la compagnie a vu ses livraisons reculer de 6% en Chine, et de 12% aux Etats-Unis, l’an dernier. Son chiffre d’affaires a stagné à 322 milliards d’euros, pour un total de 9 millions de véhicules livrés. La majoration des droits de douane américains, et une demande moins soutenue que prévue pour les véhicules électriques, ont mis à mal la stratégie du constructeur. Jusqu’à pousser Porsche à réviser ses ambitions en matière d’électrification de ses gammes.

Une rentabilité sous pression

Reflet de la période de transition qui s’ouvre, le groupe prévoit une rentabilité sous pression cette année encore. Outre la concurrence accrue, les tensions géopolitiques, et la hausse des coûts des matières premières, promettent de mettre à mal la marge opérationnelle (attendue autour de 4%) du constructeur. Sur la défensive, le groupe Volkswagen est condamné à accroitre sa rentabilité durablement, tout en préservant ses parts de marché en particulier sur l’électrique. Un passage nécessaire pour disposer des capacités d’investissements à même de gérer la transition énergétique à deux vitesses qui se profile entre l’Europe et les Etats-Unis.