Sur le papier, un vélo électrique ressemble
surtout à une astuce pour moins transpirer : un moteur, un coup de
pouce dans les côtes, l’impression de tricher. Beaucoup de
cyclistes jurent encore que seul le vélo classique
ferait « vraiment » travailler les jambes et le cœur, quitte à
laisser leur monture au garage dès que le trajet paraît un peu long
ou vallonné.

Les données recueillies en Europe racontent pourtant une autre
histoire. Une grande étude menée auprès de 10 722 adultes dans sept
villes et publiée dans la revue Transportation Research
Interdisciplinary Perspectives montre que les adeptes du vélo
à assistance électrique (VAE) accumulent légèrement plus de volume
d’activité que les cyclistes sans assistance, semaine après
semaine. Reste à comprendre comment un moteur peut conduire à
davantage d’exercice.

Vélo électrique : moins d’intensité, mais plus de temps
d’exercice

Pour évaluer l’exercice physique, les chercheurs regardent un
trio simple : intensité, durée, fréquence. Le VAE réduit un peu
l’effort instantané, mais il incite à pédaler plus longtemps et
plus souvent. Dans l’étude européenne, chaque trajet en VAE
atteignait en moyenne 9,4 km, contre 4,8 km pour un vélo classique.
Quand on convertit cela en minutes-MET, indicateur
standard d’activité, les utilisateurs de VAE cumulaient 4 463
minutes-MET par semaine, contre 4 085 pour les autres.

Sur un trajet identique, un VAE fait brûler environ 75 à 80 %
des calories d’un vélo sans assistance, et la fréquence cardiaque
baisse de 10 à 15 battements par minute. L’effort reste dans une
zone d’activité physique modérée, celle que
l’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 minutes
par semaine. L’intensité est un peu plus douce, mais suffisante
pour le cœur si le temps passé à pédaler augmente.

Ce que disent les études sur le vélo électrique et le vélo
classique

Les chiffres se répètent sur le terrain. À Utrecht, les
utilisateurs de VAE ont parcouru environ 70 % de kilomètres en plus
que les cyclistes en vélo mécanique. L’étude européenne retrouve la
même tendance : volume hebdomadaire d’exercice légèrement supérieur
pour le vélo électrique, simplement parce que les trajets sont plus
longs et plus nombreux.

Le moteur enlève surtout la peur des côtes, du vent ou du retour
épuisé le soir, ce qui encourage à prendre le vélo presque tous les
jours pour aller travailler, faire les courses ou rendre visite à
des proches. Une étude de 2021 citée par Marie France résume : « Les
perceptions positives envers la conduite de vélos électriques se
sont produites chez la plupart des participants, et les analyses
qualitatives comprenaient des perceptions du trajet avec un vélo
électrique comme étant « plus facile » et « amusant », parmi d’autres
termes positifs ». Une activité vécue comme plus facile et amusante
revient plus souvent dans la semaine.

Transformer son vélo électrique en
allié forme au quotidien

Pour profiter vraiment de ce supplément d’exercice, tout se joue
dans la façon d’utiliser son VAE. L’idée est de rester en
assistance modérée, avec une respiration un peu accélérée tout en
pouvant parler. Quelques réflexes permettent de transformer un vélo
électrique en outil de remise en forme au quotidien :

  • Rouler surtout en mode Eco ou intermédiaire, garder le turbo
    pour les côtes.
  • Ajouter une petite boucle ou une côte à ses trajets
    quotidiens.
  • Vélotaf : 2 × 20 minutes par jour, soit 200 minutes sur 5
    jours.

Quand on se limite au mode turbo sur de très courtes distances,
le bénéfice sportif chute, même si l’on reste gagnant par rapport à
la voiture. En revanche, pour une personne sédentaire, en surpoids
ou plus âgée, un VAE utilisé vraiment tous les jours ouvre une
porte réaliste vers l’activité physique régulière
là où le vélo classique semblait trop dur. Ce
changement de perception suffit souvent à ajouter, sans y penser,
des centaines de minutes de pédalage par mois.

Sources