En 2004, Ferrari surprend le monde avec
la 612 Scaglietti, une GT 4 places trop sage pour les puristes,
mais bien en avance sur son temps.
En 2004, Ferrari présente la 612
Scaglietti, une GT qui rompt avec les codes de la marque. Elle
remplace la 456 GT, précédente Ferrari 4 places de la gamme, mais en
bousculant les habitudes. Contrairement aux modèles axés sur la
piste, la 612 est conçue pour rouler loin, pas pour briller en
compétition. Son nom rend hommage à Sergio Scaglietti, carrossier
historique de Ferrari, mais sa philosophie est résolument moderne :
une Ferrari polyvalente, faite pour le voyage et le quotidien.
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Ferrari
Le design, signé Pininfarina,
surprend. La ligne est allongée, les proportions atypiques, presque
bourgeoises pour une Ferrari. Les puristes tiquent : où sont les
courbes agressives, les ailes musclées ? À la place, une silhouette
élégante mais discrète, comme si Ferrari avait voulu créer une
berline sportive plutôt qu’une supercar. Pourtant, sous cette
carrosserie sage se cache une révolution technique. Le V12 atmosphérique (5,7 litres,
540 chevaux) est placé en position avant centrale,
une architecture déjà
utilisée sur d’autres Ferrari V12 modernes. Le châssis en
aluminium et la transmission transaxle améliorent l’équilibre,
faisant de la 612 une voiture aussi à l’aise sur autoroute que sur
route sinueuse.
Une
Ferrari incomprise : trop sage pour être aimée
La 612 Scaglietti déroute.
Ferrari a osé créer une GT 4 places avec un vrai coffre, où le
confort et la polyvalence priment sur la sportivité pure. Une
hérésie pour certains : une Ferrari doit être bruyante, radicale,
exclusive – pas confortable et pratique. Le problème ? La 612 est
coincée entre deux mondes. Trop GT pour les puristes, qui
lui préfèrent une F430, elle n’a pas non plus le prestige
statutaire d’une Bentley Continental ou d’une Aston Martin DB9.
Elle est trop Ferrari pour les clients de GT, mais pas assez
Ferrari pour les passionnés.
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Ferrari
À sa sortie, les critiques
fusent. Le design est jugé trop discret, presque anonyme. Les
journalistes soulignent son manque de caractère, son image trop
sage. La 612 est perçue comme une Ferrari « de raison », pas de
passion – un comble pour une marque qui vend du rêve. Pourtant,
sous ses airs de voiture pour papa dynamique, elle cache un
V12 envoûtant et un comportement routier remarquable. Mais
en 2004, personne ne veut d’une Ferrari raisonnable.
De
mal-aimée à future collector : la revanche de la 612
Aujourd’hui, la 612
Scaglietti est en train d’être redécouverte. Les
connaisseurs réalisent qu’elle offre une expérience unique : le
plaisir d’un V12 atmosphérique (de plus en plus rare), associé à un
confort et une polyvalence inhabituels chez Ferrari. Son châssis
aluminium et sa transmission transaxle en font une voiture
équilibrée, presque sous-cotée face à des modèles plus
tape-à-l’œil.
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Ferrari
Longtemps boudée sur le marché
de l’occasion, sa cote commence à remonter. Les amateurs de GT
Ferrari s’y intéressent, séduits par son côté « usine à rêves
discrète ». À 80 000-120 000 euros aujourd’hui, elle reste abordable
comparée à une 599
ou une F430, tout en offrant une rareté mécanique (le V12
atmosphérique) et une expérience de conduite unique.
La 612 était en avance sur son temps. Elle a
préfiguré des modèles comme la Ferrari FF, puis indirectement la GTC4Lusso,
prouvant que Ferrari pouvait concilier performance et polyvalence.
Aujourd’hui, alors que les GT redeviennent à la mode, la 612
apparaît comme une Ferrari enfin comprise – une voiture pour rouler
vraiment, pas seulement pour faire joli dans un garage.