- Élu à la mairie de Nice dimanche, Eric Ciotti va-t-il compliquer l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 prévus dans les Alpes ?
- Le nouvel édile est opposé au projet actuel, notamment à la construction d’une nouvelle patinoire pour les épreuves de patinage artistique.
- « Si je suis élu maire, ça ne se fera pas comme ça », assurait-il en décembre dernier.
Les Jeux olympiques 2030 vont-ils pâtir de l’élection d’Eric Ciotti ? Le député des Alpes-Maritimes a remporté la bataille fratricide qui l’opposait à Christian Estrosi pour la mairie de Nice dimanche dernier, mais pour les personnes chargées de l’organisation des JO d’hiver dans les Alpes, cela n’est pas vraiment une bonne nouvelle. « Avec Nice on a un problème réel avec un maire élu qui est pour les Jeux, mais pas de la même manière que le projet initial », a déclaré à l’AFP le président de la région PACA Renaud Muselier, qui préside également la Solideo, l’établissement public chargé de la livraison des ouvrages pour ces JO d’hiver des Alpes françaises.
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Eric Ciotti a toujours dit qu’il était ravi que Nice accueille les JO, mais qu’il refuserait le projet actuel. « Si je suis élu maire, ça ne se fera pas comme ça », avait assuré en décembre le candidat Union des droites allié au RN, se disant même « prêt à consulter les Niçois par référendum » si on tentait de lui forcer la main.
Nice, pôle olympique des sports de glace
Futur pôle olympique des sports de glace, Nice sera l’un des quatre pôles des Jeux olympiques et paralympiques qui se tiendront en France dans moins de quatre ans, et devrait générer 60% des revenus en billetterie. La ville doit s’équiper pour accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling mais aussi un village olympique ou encore un centre des médias.
Le projet actuel prévoit notamment de couvrir temporairement le stade de football Allianz Riviera et d’y aménager deux patinoires pour le hockey. Il projette aussi de construire à côté une patinoire dédiée au patinage artistique qui resterait pérenne, ainsi que le village olympique, dans l’ouest de Nice.
Or, le nouveau maire de Nice refuse que l’OGC Nice soit privé de son stade pendant plusieurs mois. « Je ne souhaite pas qu’on utilise le stade de l’Allianz Riviera, qu’on le bloque pendant plusieurs mois et que notre équipe soit contrainte de jouer ailleurs, pour un coût de 80 millions d’euros », avait-il dit fin 2025. Il souhaite aussi voir la nouvelle patinoire au palais des expositions, dans le centre ville, pour en faire un palais des sports pérenne. Et il propose d’ériger le village des athlètes à proximité, sur le terrain d’une caserne de police, à près de quinze kilomètres du site prévu par les organisateurs des Jeux.
Un plan B ?
Pour toutes ces raisons, son élection « crée un problème réel », selon Renaud Muselier. « Ça mérite quelques explications de texte pour voir si c’est viable à Nice, sinon il faudra réévaluer », a-t-il souligné auprès de l’AFP, ajoutant qu’il n’hésiterait « pas à tout changer s’il le faut » et assurant avoir « un plan B » sur lequel il n’a pas voulu donner de précisions. Des projets alternatifs du nouveau maire de Nice, il dit : « Moi je ne suis pas compétent mais on me dit que c’est du niveau d’un championnat du monde juniors. »
En février, l’AFP avait interrogé Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux au sein du Comité international olympique (CIO), sur les incertitudes que pourraient générer les élections municipales françaises sur le projet. « Ce n’est pas pour autant qu’on va laisser tomber un dispositif qui est celui prévu depuis quelques années », avait-il répondu, déclarant alors qu’il n’y avait « pas de plans B et C ». Mais selon Le Parisien, un plan B est bien étudié, qui verrait Lyon accueillir les sports de glace et la cérémonie d’ouverture.
J.F. avec AFP
