Ce mardi 24 mars 2026, les deux CRS identifiés grâce à cette vidéo virale ont accepté d’être jugés dans le d’une cadre Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Une sorte de « plaider-coupable » à la française qui consiste pour les mis en cause à reconnaître leur faute et à accepter une peine proposée par le parquet, puis homologuée par un juge. La procédure a le mérite d’être rapide, et, pour prévenus, de se dérouler en catimini et en grande partie à l’abri des médias.

Dans une petite salle du tribunal judiciaire, penauds et mutiques à la barre, les deux fonctionnaires âgés de 40 et 49 ans ont ainsi été déclarés coupables de violences aggravées – par personnes dépositaires de l’autorité publique et en réunion – et condamnés à des peines de 4 mois avec sursis et 400 euros d’amende.

« Elle a vécu ça de manière humiliante et dégradante »

La scène s’était déroulée tôt le matin dans le quartier de la Joliette, où des petits groupes de manifestants avaient été dispersés par les forces de l’ordre. La jeune femme de 20 ans, « venue manifester pacifiquement », insiste son avocat, Me Thomas Hugues, fuyait les gaz lacrymogènes et s’était retrouvée isolée. Trébuchant une première fois, l’étudiante en deuxième année d’art avait tenté de se relever, poursuivie par deux policiers. Casqué, armé d’un bouclier antiémeute et d’une matraque, l’un d’eux lui avait alors asséné un coup du plat du pied aux fesses en hurlant « casse-toi ! ». Chutant la tête la première, la victime avait évité le bord du trottoir de quelques centimètres.

« C’est bon, oui oui, je me casse », avait-elle répondu, apeurée, alors que le deuxième CRS venait la bousculer brutalement à son tour, la faisant retomber. « Pardon, pardon », avait-elle imploré en se redressant avec difficulté avant de quitter les lieux en titubant, visiblement très choquée.

Au lendemain des faits, et surtout de leur diffusion sur les réseaux sociaux, une enquête interne à la police avait été déclenchée et le parquet de Marseille avait annoncé l’ouverture d’une autre pour « violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à 8 jours, commises par une personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion ».

Après avoir contesté en audition libre toute « intention » de « blesser ou de faire mal », allant même jusqu’à évoquer une chute « disproportionnée », les CRS impliqués avaient finalement admis que leur intervention « pour dégager la voie de circulation » n’était pas adaptée « par rapport à cette femme » et expliqué comprendre que cela « puisse être qualifié de violence ».

« Eu égard au retentissement médiatique de cette affaire, ma cliente est heureuse que son statut de victime soit reconnu et de pouvoir tourner la page. Elle a vécu la diffusion de ces images de façon très humiliante et dégradante », a commenté Thomas Hugues, ce mardi, une fois les condamnations actées. L’avocat s’est encore réjoui qu’à Marseille, « les violences policières soient maintenant reconnues de façon plus rapides et plus systématiques. ».