Ilyas Kherbouch alias «Ganito», détenu qui s’est évadé samedi 7 mars de la prison de Villepinte, avait été arrêté vendredi soir à Canet-en-Roussillon.

L’évadé Ilyas Kherbouch, alias «Ganito», dont la cavale a pris fin vendredi, a été mis en examen à Paris ce mardi après avoir été présenté à des juges d’instruction, a appris l’AFP de source proche du dossier. Il est notamment poursuivi pour évasion en bande organisée et pour corruption de personne dépositaire de l’autorité publique. Il doit désormais comparaître devant un juge des libertés et de la détention, qui tranchera sur les mesures de sûreté à son encontre. «Ilyas Kherbouch m’a dit de vous parler», a déclaré de son côté son avocate, May Sarah Vogelhut.

«On a parlé de lui en tant qu’une personne dangereuse mais il a prouvé qu’il ne l’était pas par la manière dont il est sorti de détention et par la façon dont il s’est laissé interpeller sans jamais aucune violence et dans la passivité la plus totale», a-t-elle estimé. Sa compagne, ex-surveillante pénitentiaire, devait être aussi présentée à des juges parisiens, avait indiqué ce week-end le parquet de Paris, après leur interpellation.


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Les deux suspects doivent être interrogés par des magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, chargés des investigations sur l’évasion en bande organisée du détenu, en vue de leur mise en examen. Le 7 mars, trois personnes se sont rendues à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en plein après-midi. Deux s’étaient fait passer pour des policiers venus chercher un détenu, Ilyas Kherbouch, pour l’extraire en garde à vue en présentant de faux documents judiciaires, selon le parquet de Paris.

Deux suspects, dont un mineur, mis en examen le 11 mars

Le détenu, connu jusqu’à présent pour des home-jackings violents, était alors sorti de prison sans heurt. Le personnel pénitentiaire s’est inquiété de son absence seulement 48 heures après, la durée maximale d’une garde à vue. Après treize jours de cavale, il a été arrêté le 20 mars, jour de ses 21 ans, par les effectifs de la BRI des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault. Dans l’attente d’être présenté aux magistrats parisiens, il avait été écroué à Perpignan.

Sa compagne, interpellée à ses côtés, avait aussi été incarcérée provisoirement. Il s’agit d’une ancienne surveillante pénitentiaire qui a rencontré Ganito en détention et a été «radiée en 2025», d’après des sources proches du dossier. Elle avait intégré Villepinte après avoir exercé à la prison parisienne de La Santé, d’après une source syndicale pénitentiaire.

Le soupçon de la corruption pèse sur ces investigations. Deux suspects, dont un mineur, ont été mis en examen le 11 mars à Paris pour évasion en bande organisée, mais aussi pour corruption active d’une personne dépositaire de l’autorité publique, et pour corruption active d’une personne chargée d’une mission de service public. Ils sont également poursuivis pour faux et usage de faux dans un document administratif, et faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que pour association de malfaiteurs délictuelle. Ils ont été placés en détention provisoire.