Il s’est présenté pour la première fois en 2001. Pascal Heymes, 64 ans, habitant de Grabels depuis 30 ans, est le nouveau maire de la commune.
Il ne revêtira l’écharpe tricolore que vendredi soir lors d’un conseil d’installation programmé à 18 h 30. « J’aurais préféré le samedi, mais bon, ce n’est pas moi qui décide… » C’est en effet la dernière décision de René Revol, maire battu dimanche. Pascal Heymes ne s’asseyera dans le fauteuil de premier magistrat de la commune que lundi matin. Il aura alors pour mission de préparer les deux conseils à tenir avant fin avril : celui du débat d’orientation budgétaire, puis celui du budget. Pour ce consultant-expert en finances et fiscalité locales, ce ne sera pas rééllement une découverte. Le nouveau maire de Grabels, à 64 ans, a cessé son activité professionnelle mais il a tout au long de sa carrière accompagné des dizaines de collectivités.
Originaire d’Alsace
Cette année 2026 qui le voit devenir maire est aussi celle des trente ans de son installation dans la commune. C’est ici, avec son épouse Catherine, qu’ils ont vu grandir leur quatre enfants, aujourd’hui éparpillés bien loin du Sud de la France. « Je suis originaire de Wissembourg, dans le Nord de l’Alsace. Là-bas, mon nom se prononce de façon un peu plus guturrale… », sourit celui qui, parfois, rajoute un accent grave sur son nom pour signifier qu’il convient de prononcer le « è ».
Accompagnement de collectivités
Titulaire d’une maîtrise de géographie urbaine, il quitte l’Alsace pour la fac de Rennes, où il se spécialise dans les finances et la fiscalité locale. Ses premiers jobs sont dans des agences d’urbanisme, à Rennes, Strasbourg, puis Orléans, où il travaille à l’aide à la décision pour des projets d’aménagements. « J’ai ensuite travaillé dans le privé, à Toulouse puis à Montpellier, au sein de la Société d’informatique et d’aide à la gestion, sur le site d’Alco. Et en 1999, je créé ma propre structure. » Pascal Heymes accompagne des communautés de communes et des agglos en train de se constituer, ou de s’aggrandir, beaucoup dans les Pyrénées-Orientales, mais aussi dans l’Hérault, dans le Gard, à Grenoble, à Chambéry, etc… « Je suis aussi intervenu auprès de communes ayant sur leur territoire le siège d’entreprises du nucléaire. A Tricastin, à Flamanville avec l’EPR, c’est une fiscalité très particulière… »
« Il y a eu une rupture de confiance »
Parallèlement, en 2001, Pascal Heymes est sollicité par André Falgueirettes, maire de Grabels candidat pour un troisième mandat. La liste est battue, c’est Bernard Prunet qui sera maire. Dans les rangs de l’opposition, les premiers d’une autre équipe, dont René Revol. « J’étais sixième donc je ne rentre pas immédiatement au conseil. Puis il y a des démissions et, en 2004, je deviens conseiller, comme René Revol. »
Ce dernier, alors socialiste, propose à ses adversaires d’hier de monter une liste de rassemblement pour le scrutin de 2008. Elle sera élue et le premier adjoint du nouveau maire se nomme Pascal Heymes. Mais moins d’un an plus tard, en mai 2009, la rupture est consommée. « Il y a clairement une rupture de confiance. » En 2014, l’élu déçu monte sa liste, pensant arriver deuxième, il suggère que le troisième se retirera. C’est Régis Morvan qui est deuxième et Pascal Heymes se retire. Un mandat durant lequel il ira assister au conseil dans les rangs du public. « Je constate que l’opposition n’est pas bonne. Donc en 2020, je remonte une liste et j’améliore mon score, nous sommes six à rentrer. »

Pascal Heymes s’est présenté pour la première fois à Grabels en 2001.
Midi Libre – Michael Esdourrubailh
2026 sera donc l’élection de la victoire. Celle d’un homme sans étiquette mais classé à droite. D’une sensibilité plutôt proche du Modem de Bayrou, il sera délégué de François Fillon lors de la primaire de la droite en 2016. « René Revol a eu vite fait de me cataloguer ! J’avais été séduit par le propos de Fillon sur la rigueur, les questions de dette, c’est mon sujet. Et puis après il y a eu l’affaire Pénelope, j’ai été déçu c’est peu de le dire. Mais par ailleurs, je trouvais intéressant de participer à cet exercice démocratique d’une primaire ouverte. »
Si le nouveau maire a reçu les félicitation du président Mesquida, pas d’interactions directe encore avec la Métropole. Le président Delafosse avait affirmé son soutien au maire sortant. « Je souhaite avoir de bonnes relations avec la Métropole », assure Pascal Heymes.
Et la Zac de Gimel ?
« Je suis bien sûr favorable à l’implantation de la clinique Clémentville sur cette Zac. Ce sera porteur d’emplois et ce sera une offre de soins pour les Grabellois qui vont à Saint-Gély. J’ai été opposé aux 850 logements et aux hauteurs envisagées, ainsi qu’à la construction d’une nouvelle école quand celle de La Valsière est incomplète ! Je considère que Grabels est déjà coupé en deux avec La Valsière, et que là on risque d’être coupé en trois. Mais il y aura forcément du logement. Je compte discuter avec l’aménageur sur les modalités de l’opération. »