Des Jeux olympiques peuvent au moins amener à renouer le dialogue. En deux jours, Renaud Muselier, président de la Région Sud-Paca, a eu, à deux reprises, Eric Ciotti (UDR allié au RN), nouveau maire de Nice suite aux élections municipales du 22 mars. Au téléphone, lundi matin et de nouveau ce mardi matin, ils ont échangé sur les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises. Un terrain d’entente doit être urgemment trouvé alors qu’Eric Ciotti a présenté des propositions complètement alternatives, pendant la campagne, pouvant mettre en péril l’accueil d’une grande partie d’épreuves de glace, dont le hockey.

« Nos équipes se rendront à Nice la semaine prochaine. Nous avons la nécessité de prendre une décision concernant son projet alternatif ou le nôtre », a indiqué le président de la Région, mardi 25 mars après-midi à Marseille, juste avant la rencontre avec des centaines d’acteurs économiques pour les mobiliser sur les Jeux. Renaud Muselier a même donné un calendrier : « Il faudra trouver une solution. Cette décision sera prise entre le 15 et le 30 avril. »

Selon le projet initial, les épreuves de hockey sur glace doivent se dérouler dans des patinoires éphémères construites dans l’enceinte du stade Allianz Riviera, antre de l’OGC Nice, alors que, pour le patinage artistique (entre autres), un complexe olympique doit voir le jour à la place de la patinoire Jean-Bouin, vieillissante et énergivore. Très proche de Jean-Pierre Rivière, président du club de football niçois, qui doit devenir son conseiller spécial à la mairie, Eric Ciotti a proposé, à la place, de transformer complètement le palais des expositions , pour le hockey, et de rénover Jean-Bouin, pour le patinage artistique, le short track et le curling.

Le « plan B » comme bluff ?

Des propositions qui ne peuvent pas être, selon Renaud Muselier, à la hauteur d’un événement d’une envergure internationale exceptionnelle comme les JO. Le président de la Région Sud-Paca ne cesse de répéter qu’il aurait un « plan B » si Nice était finalement disqualifié. Mais, compte tenu de son emplacement sur la “French Riviera”, et des infrastructures hôtelières déjà existantes, la capitale des Alpes-Maritimes semble avoir des atouts incomparables dans la Région Sud. D’autant que Renaud Muselier ne compte pas laisser partir le pôle glace en Auvergne-Rhône-Alpes, notamment à Lyon, en s’appuyant sur le fameux désormais fameux accord « 50-50 » avec, à l’époque, Laurent Wauquiez : les épreuves sont réparties à équité entre les deux Régions.

Alors que la carte des sites doit être dévoilée fin juin, le président du comité d’organisation, Edgar Grospiron, ayant confirmé ce mardi de nouveau cette échéance, le calendrier est particulièrement serré. Or, la question du site d’accueil des épreuves de hockey sur glace et des jauges est d’autant plus stratégique que celles-ci représentent 40 % de la billetterie totale des Jeux olympiques. Quitte à amener Renaud Muselier se prononcer sur un « plan B » pour bluff ?