De passage ce mercredi à Paris, l’ouvreur iconique du XV de la Rose et du RC Toulon a évoqué les choix cornéliens qui se posent à Fabien Galthié avec deux numéros 10 de classe mondiale.
Parole d’expert. Jonny Wilinson, considéré comme l’un des meilleurs demis d’ouverture de l’histoire du rugby, a évoqué ce mercredi, à l’occasion des Rencontres Terrains Favorables organisées par la Ligue nationale de rugby et la Société Générale, la concurrence au poste de numéro 10 en équipe de France, avec deux joueurs de classe mondiale : Matthieu Jalibert, excellent lors du dernier Tournoi victorieux, et Romain Ntamack, aux manettes des Bleus lors du Grand Chelem 2022 et du titre de l’an dernier.
L’ouvreur emblématique du XV de la Rose et du RC Toulon, champion du monde en 2003 puis de France (2014) et d’Europe (2013 et 2014), avance que faire des choix aussi cornéliens «c’est le boulot d’un entraîneur : savoir ce qu’il veut comme dynamique pour son équipe de l’équipe. Et le numéro 10, c’est hyper important. Il faut construire l’équipe autour du 10 et du 9. La France a un 9 incroyable (Antoine Dupont). Ça veut dire que l’équipe se tourne autour de lui, s’est construite autour de lui. Mais la France a aussi de très, très bons 10. Il faut voir la connexion 9-10 et la connexion avec tous les autres joueurs, comment construire une équipe autour d’eux. Avec Jalibert et Ntamack, il y a des similarités et des différences, ça compte dans des choses comme ça.»
Si le joueur est toujours en train de regarder derrière lui, parce qu’il pense que s’il fait une faute, c’est l’autre qui va jouer, ça ne marche pas
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Et Jonny Wilkinson d’évoquer sa propre expérience avec le XV de la Rose : «Cela n’a pas bien marché pour moi avec l’équipe d’Angleterre quand le plan de jeu n’était pas construit autour de moi, quand c’était construit par rapport aux avants et qu’on oubliait le 10. Dupont, c’est lui qui domine le terrain, c’est lui qui décide. Il faut aussi la même situation pour le 10. Et l’autre chose qui est difficile, c’est avec une telle compétition dans les postes, être libéré. Parce que si le joueur est toujours en train de regarder derrière lui, parce qu’il pense que s’il fait une faute, c’est l’autre qui va jouer, ça ne marche pas. Il faut une bonne concurrence, mais aussi un peu de confiance dans le jeu. Il faut, de temps en temps, dire comme Clive Woodward (sélectionneur de l’Angleterre championne du monde en 2003, NDLR) avec moi : «OK, pour les prochains deux, trois ans, je crois que c’est toi.» Mais ça, c’est difficile parce qu’on ne peut pas oublier Ntamack ou Jalibert. Alors, comment le diriger ? On dit en anglais, c’est une bénédiction et une malédiction en même temps. Avoir deux joueurs très compétitifs pour le même poste, c’est compliqué.»