Dispositif national créé en 2004 en Poitou-Charentes, l’Action de santé libérale en équipe (Asalee), regroupe aujourd’hui 44 infirmières en Ille-et-Vilaine ayant suivi une formation à l’éducation thérapeutique et des formations ciblées, en fonction des protocoles des pathologies chroniques. Ces formations se font en binôme avec les médecins généralistes », expliquent-elles. À travers le département, 286 d’entre eux sont membres de l’association Asalee.

Les infirmières Asalee accompagnent les patients dans une prise en charge globale et dans son environnement. Nous sommes dans le soin de proximité, avec des échanges pouvant durer une heure, illustre Justine Saffray, infirmière Asalee installée à Pleumeleuc (Ille-et-Vilaine). Nous sommes dans l’éducation thérapeutique, de vrais couteaux suisses, complète Michèle, autre membre de l’association.

Ces personnels médicaux, en étroite collaboration avec les médecins, permet un meilleur suivi physique et psychologique. Ils jouent un rôle indispensable et essentiel selon leurs patients. Écoute, soutien moral, prévention, sentiment de sécurisation, prise en charge pluridisciplinaire, sport adapté, groupe de parole… Il ne faut surtout pas supprimer ce programme », insistent en chœur Didier, Claude, Dominique, Marie-Thérèse, Jean ou encore Gwenaëlle.

« Tout le monde est concerné »

Pourtant, le risque devient de plus en plus prégnant. Depuis le mois de janvier, les salaires ne sont plus versés ou le sont partiellement. Nous sommes très inquiètes pour notre avenir. On se sent asphyxiées financièrement et dans nos valeurs, témoignent Marine, infirmière Asalee à Rennes. Ces dernières années, la santé financière de notre association s’est détériorée à la suite de décisions qui nous échappent, poursuivent Annie et Perrine, elles aussi membres. Le déficit s’est installé début mars, d’où la cessation de paiements.

En cause, un conflit entre l’association et l’Assurance maladie. Nous sommes financées par la Caisse d’assurance maladie à 95 %. Nous coûtons 0,05 % du budget global selon un rapport de 2025 de l’Inspection générale des affaires sociales. Et nous permettons 10 % d’économies, soulignent ces infirmières Asalee qui dénoncent également des interruptions de paiement en cas d’arrêts maladies ou de congé maternité.

Professionnels de santé, patients, partenaires : tout le monde est concerné. Raison pour laquelle toutes appellent à un rassemblement à Rennes, ce jeudi 26 mars 2026, dès 11 h, devant la Caisse d’assurance maladie, dans le cadre d’une mobilisation nationale.