Du 6e arrondissement où ses parents ont un pied-à-terre, jusqu’à la Plaine, où ses amis s’alarment via les réseaux sociaux, on cherche Ascane. Sans nouvelles de cette jeune femme de 23 ans depuis douze jours, ses proches redoutent le pire et guettent les coups de fil des enquêteurs qui se sont emparés de cette affaire de disparition qualifiée d' »inquiétante » par le parquet de Marseille.

Le vendredi 13 mars dernier, Marie-Cécile qui avait récemment obtenu de se faire appeler officiellement « Ascane » rend visite à ses parents, dans le quartier Vauban, pour récupérer Taya, la chienne de la famille, et l’emmener au parc Henri Fabre. « Elle est repassée trois heures plus tard, ravie de son après-midi et toute guillerette » confie son père qui ne l’a plus revue depuis.

Une élève brillante anéantie par son échec en prépa véto

La colocataire avec laquelle elle partage un appartement rue Paradis ne s’apercevra de sa disparition qu’à son retour de week-end, mais cela fait bel et bien 12 jours désormais, qu’Ascane s’est volatilisée.

Élève brillante au lycée Notre-Dame-de-France, celle qui répondait alors encore au prénom de Marie-Cécile, aurait « vrillé » après avoir échoué à sa première année de prépa vétérinaire au lycée Thiers, dans laquelle elle avait investi tous ses efforts. « C’était son projet de vie. Elle n’est pas arrivée à rebondir ensuite », rembobinent ses parents.

« Elle nous expliquait se sentir l’un et l’autre »

Devenue proche de la communauté LGBTQIA+ du Cours Julien, Ascane s’était peu à peu masculinisée, jusqu’à entamer une transition de genre pour laquelle elle prenait un traitement hormonal, expliquant se sentir « l’un et l’autre ». Un bouleversement pour la jeune femme, ses trois grands frères et ses parents. Mais ces derniers assurent qu’ils avaient accepté le choix de leur fille, même s’ils n’abordaient « pas trop le sujet », et soutiennent qu’elle allait bien en dépit « d’un passé récent tortueux », émaillé d’épisodes dépressifs.

« Depuis, elle semblait aller mieux et n’était pas en rupture avec nous » veulent croire ses parents qui réfutent la thèse de la disparition volontaire d’abord avancée par la police lorsqu’ils ont signalé la disparition de leur fille majeure : « Ascane est parti(e) sans affaires, le dernier numéro qu’elle a composé avant de disparaître appartient à un téléphone prépayé. Nous craignions vraiment qu’elle ne soit retenue quelque part contre sa volonté ».

Un dernier bornage dans les collines d’Allauch

Les réquisitions auprès de sa banque indiquent un dernier achat dans un supermarché le 14 mars. Sa carte bleue n’aurait plus été utilisée depuis. Dimanche dernier, accompagnés de Taya, les parents d’Ascane ont arpenté en vain les collines d’Allauch, où le téléphone de leur fille a borné une dernière fois avant de s’éteindre. Mardi, une battue organisée par la police avec le concours d’un chien de la brigade cynophile n’a pas donné davantage de résultats. Ascane reste introuvable. Lors de sa disparition, elle portait une tenue de sport avec un sweat blanc et vert clair floqué du Pokémon Carapuce et des baskets. De corpulence moyenne, elle a les yeux clairs, des cheveux courts blond vénitien, porte des lunettes et un sac à dos noir Eastpak. Elle arbore un piercing entre la lèvre supérieure et le nez, et de discrets tatouages sur les bras et les jambes. Si vous avez des informations, contactez le commissariat de Marseille Sud au 04 84 35 33 11 en semaine aux horaires de bureau ou le 04 84 35 33 59 le soir et le week-end.