Par
Rédaction Paris
Publié le
26 mars 2026 à 6h46
Le tribunal administratif de Paris a ordonné au Laboratoire de la Création, un tiers-lieu culturel de Paris, de « libérer sans délai » le monument historique qu’il occupait « sans droit ni titre » depuis que la Ville avait résilié, pour procéder à des travaux de « rénovation », la « convention d’occupation » conclue il y a plus de vingt ans. Le Laboratoire de la Création a contesté cette décision devant les tribunaux.
Les occupants refusent de quitter la résidence
La fontaine de la Croix-du-Trahoir, située 111, rue Saint-Honoré, avait en fait été construite en 1776 pour « servir à l’approvisionnement en eau de la population environnante », à la place du lieu où se déroulaient les exécutions publiques dans la capitale. Elle accueillait depuis le 29 avril 2005 l’association Paris Centre Art qui avait conclu une « convention d’occupation » avec la mairie de Paris – propriétaire de ce bâtiment inscrit depuis 1925 aux Monuments historiques – pour y installer son Laboratoire de la Création.
Mais, le 15 janvier 2024, la maire Anne Hidalgo (PS) avait résilié cette convention afin de « procéder à des opérations de rénovation du bâtiment », qui met notamment « quatorze ateliers et deux studios de son » à disposition de la « vingtaine d’artistes en résidence » qu’il accueille chaque année. La maire avait donc « invité l’association à quitter les lieux dans un délai de six mois ».
Les occupants avaient pourtant « refusé de libérer les lieux » le 15 juillet 2024 pour « l’état des lieux de sortie » : la résiliation de la convention d’occupation n’est précisément « fondée sur aucun motif d’intérêt général » et le bâtiment n’appartient même pas au « domaine public » de la Ville, avaient-ils objecté.
Estimant que l’association ne disposait désormais « d’aucun droit d’occupation des locaux », la mairie avait alors saisi le tribunal administratif de Paris pour qu’il fasse « injonction » à Paris Centre Art « ainsi qu’à tous les occupants de son chef » de « libérer sans délai les locaux ».
« Un motif d’intérêt général » considère la justice
« Il est constant que l’association a refusé de libérer les lieux […] et s’y maintient […] sans droit ni titre », confirme le tribunal administratif de Paris dans un jugement en date du 8 janvier 2026 qui vient d’être rendu public. « En tout état de cause, le motif de résiliation de la convention, tiré de la nécessité d’opérer une rénovation du bâtiment en raison des désordres qui l’affectent, est un motif d’intérêt général susceptible de fonder une telle décision », considèrent les magistrats.
Et contrairement à ce que soutiennent les occupants, la juridiction administrative est « compétente » pour se pencher sur ce recours : des « documents historiques » montrent que le monument a été « affecté au service public de la distribution d’eau » à sa création et « spécialement aménagé à cette fin ». Il faisait donc bien partie du « domaine public » de Paris et « aucune disposition législative, non plus qu’aucun acte de la Ville […], n’a procédé à son déclassement ».
« Il y a lieu d’ordonner à l’association Paris Centre Art et à tous les occupants de son chef de libérer, sans délai […], l’immeuble occupé indûment », conclut le tribunal administratif de Paris. L’association devra même verser 1 800 euros à la Ville pour ses frais de justice.
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/MJ et RB (PressPepper)
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