C’est un petit numéro qu’a réalisé par Toby Chatonnet, dimanche dernier à la Flèche de Locminé. Parti en solitaire à 15 km du but, il a résisté au retour du peloton et triomphé. Le garçon de 23 ans a su concrétiser après plusieurs places d’honneur les semaines passées et notamment une 3e place aux Plages Vendéennes. Le coureur du Team Bricquebec Cotentin a également pu profiter d’un gros collectif autour de lui. ‘‘Nous avions prévu de faire un coup de force au kilomètre 46, mais Vendée U-Primeo Energie avait prévu la même chose donc ça n’a pas marché. Dans les trois derniers tours, je suis sorti avec Ilan Larmet et Florian Gaillard. À deux tours de l’arrivée, une prime était en jeu au passage sur la ligne. J’étais en train de passer mon relais, j’ai appuyé un peu plus fort pour la prendre, mais les autres ne m’ont pas suivi. J’ai vu qu’un écart se créait et j’ai décidé de partir seul », confie-t-il pour DirectVelo.
« MA MEILLEURE PERFORMANCE DEPUIS QUE JE SUIS À CE NIVEAU »
L’écart avec ses anciens compagnons d’échappée n’a jamais dépassé 18 secondes mais Toby Chatonnet a su gérer son effort avec un calme olympien. ‘‘Je me suis donné à fond, sans me poser de questions, pour ne pas avoir de regrets. Je savais aussi que derrière, ils n’étaient pas nombreux et qu’il y avait deux coureurs de Mayenne, donc ils n’allaient pas forcément collaborer. Tout le monde était un peu fatigué. Je n’ai rien lâché mentalement’’. Une victoire au goût particulier car il réalise le doublé après son succès l’an dernier. ‘‘Quand la course est sortie au calendrier, ce n’était pas forcément un objectif prioritaire par rapport à d’autres épreuves comme la Vienne Classic deux semaines auparavant. Mais je me suis vite dit que je pouvais conserver mon titre et que je devais me donner les moyens d’y arriver. J’y ai beaucoup pensé toute la semaine, j’étais vraiment motivé’’.
Pour sa cinquième année en N1, l’ancien coureur du VC Rouen 76 se dit satisfait de son début de saison. ‘‘J’ai passé un cap physiquement. Je suis souvent à l’avant, je prends du plaisir quand les courses me conviennent et je joue les premiers rôles. Je suis actuellement 8e du Challenge DirectVelo, ce qui est ma meilleure performance depuis que je suis à ce niveau. Ce classement reflète les coureurs en forme, même si je ne veux pas me mettre de pression avec ça. Parfois, il m’a manqué un peu de réussite, mais décrocher une victoire fin mars, c’est très positif’’. Une réussite individuelle qui s’inscrit dans une dynamique collective. ‘‘Dans l’équipe, on est aussi bien placés avec Mattéo Viardot et Joris Lepoittevin-Dubost qui sont 16e ex æquo et qui performent très bien chaque week-end’’.
« JUSQU’AU CHAMPIONNAT DE FRANCE, C’ÉTAIT MA MEILLEURE SAISON »
Toby Chatonnet montre qu’il prend beaucoup de plaisir sur le vélo. Et c’est à noter après une année 2025 marquée par des épreuves personnelles. ‘‘J’ai beaucoup appris. C’était ma quatrième saison en N1, mais la première où je me consacrais pleinement au vélo. Jusqu’au Championnat de France, c’était ma meilleure saison. Ensuite, j’ai connu un burn-out en août, puis une mononucléose en septembre. La fin de saison a été plus irrégulière, même si j’ai réussi à revenir et à faire 2e d’une étape des 3 Jours de Cherbourg’’. Ce burn-out est pour lui un apprentissage. ‘‘J’étais trop impliqué dans mon projet, avec l’objectif de passer professionnel. Je ne me laissais pas assez de temps pour faire autre chose. J’ai aussi beaucoup couru, trop même, avec énormément de déplacements, ce qui fatigue beaucoup. Je ne m’entraînais pas assez, je ne récupérais pas suffisamment, et je ne faisais rien d’autre que du vélo’’, détaille celui qui est désormais suivi par un préparateur mental.
Dans les semaines à venir, l’homme qui a validé une Licence STAPS, mention Entraînement Sportif, sera présent au Grand Prix Gilbert Bousquet et aux Boucles Guégonnaises. Avant de participer au Tour du Pays de Lesneven, puis à la Gainsbarre et à la Gislard. ‘‘J’ai encore deux gros objectifs que je préfère garder pour moi. J’en avais coché trois en début de saison. Le premier, c’était la Vienne Classic, où je fais 18e. Ce n’était pas le résultat espéré, mais la course n’était pas assez difficile pour que je puisse vraiment m’exprimer. Il y a toujours l’ambition de passer professionnel. Je suis à 100 % dans le vélo même si en parallèle, j’ai lancé ma structure d’entraînement, Toto Coaching. Ça me permet de m’occuper à côté quand j’ai du temps’’. Une trajectoire ascendante qui ne demande désormais qu’à se poursuivre.