Les ministres du Commerce de l’Union européenne ont apporté jeudi leur soutien à une réforme «profonde et globale» de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), faute de quoi elle risque de «perdre de son influence» face aux bouleversements de l’économie mondiale. «L’Union européenne est attachée à un système commercial multilatéral ouvert, équitable et fondé sur des règles, avec une OMC modernisée en son cœur», ont-ils souligné, dans une déclaration adoptée en marge de la 14e conférence ministérielle de l’organisation, qui s’est ouverte jeudi à Yaoundé, au Cameroun.

L’OMC «se trouve à un tournant critique et, sans une réforme profonde et globale, risque de perdre de son influence, érodant davantage le système commercial mondial», plaident-ils. C’est pourquoi ils espèrent que la réunion de Yaoundé pourra «constituer un tremplin vers un processus de réforme fondamentale», d’ici la prochaine conférence ministérielle qui sera organisée en 2028.


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«Nous voulons nous assurer que l’OMC retrouve sa pertinence»

Pendant quatre jours, les membres de l’Organisation mondiale du commerce se réunissent pour tenter de relancer une institution fragilisée par les tensions géopolitiques, les blocages des négociations et la montée du protectionnisme, alors que la guerre au Moyen-Orient fait peser une lourde menace sur les échanges mondiaux. Pour cette quatorzième édition, nombre de pays souhaitent que la réunion marque un tournant pour l’organisation, qui peine à conclure des accords en raison de la règle du consensus. L’UE défend-elle une organisation plus souple, qui permettrait à des coalitions de pays volontaires d’avancer dans certains domaines.

«Si un groupe de pays a des ambitions qui ne sont pas partagées par tout le monde, nous pensons qu’il devrait pouvoir agir, dans un intérêt collectif», a plaidé le commissaire européen au commerce Maros Sefcovic, qui dirige la délégation de l’UE à Yaoundé, dans un entretien au Financial Times. «Nous voulons nous assurer que l’OMC retrouve sa pertinence», a-t-il assuré, disant vouloir «enrayer» le déclin du soutien politique à cette organisation.