Sous une pluie battante, une vingtaine de salariées se sont rassemblées ce jeudi 26 mars devant l’Ehpad Reyniès, à Grenoble. Employées par l’entreprise DESPS, née de la fusion entre Elior et Derichebourg, ces agentes de nettoyage ont cessé le travail pour dénoncer leurs conditions dans les trois établissements de l’association “L’Arbre de vie” : Reyniès, l’Abbaye et Bévière.
Au cœur de la mobilisation : une surcharge de travail liée à la baisse des effectifs, passés de cinq à quatre agents par site. « Les équipes ont été réduites, ce qui a entraîné une charge supplémentaire pour toutes », explique Chantal Gomez, représentante de la CGT nettoyage. Les salariées dénoncent également le management de leur responsable. « Depuis un an, cette responsable leur manque de respect en se permettant tous les excès de pouvoir ».
« Les salariées sont déterminées »
« C’est de la maltraitance », témoigne Fatima*. « On nous demande toujours plus avec moins de moyens, c’est devenu invivable », renchérit Manon*. Plusieurs évoquent aussi une surveillance permanente, y compris le week-end, ainsi que le non-respect de restrictions médicales.
Les revendications portent également sur des questions contractuelles et salariales : heures complémentaires non majorées, contrats non régularisés, prélèvements contestés pour une mutuelle refusée ou encore droits à congés sous-évalués. « On nous impose des tâches qui ne figurent pas dans notre fiche de poste, et il arrive même que nous manquions de matériel ou de produits malgré nos demandes », ajoute Fatima*.
Selon la CGT, l’ensemble du personnel est en grève. Face à l’absence de réponse de la direction, le mouvement se prolonge. « La grève va continuer demain (ce vendredi 27 mars), la direction n’a donné aucun signe de vie », affirme Chantal Gomez. « Les salariées sont déterminées. » Elles réclament des mesures immédiates : des embauches ou une augmentation du temps de travail pour celles qui le souhaitent, ainsi que le départ de leur responsable, afin de « retrouver une ambiance de travail sereine ».
(*) Le prénom a été modifié. Contactée par nos soins, la société n’a pas donné suite à nos sollicitations.