Le Royaume-Uni se prépare à intercepter en mer des navires liés aux exportations pétrolières russes contournant les sanctions. Autorisées par Keir Starmer, ces opérations s’inscrivent dans un durcissement plus large de l’action européenne contre la « flotte fantôme ».

Le gouvernement britannique s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’application des sanctions visant les exportations pétrolières russes. Selon des éléments confirmés par Downing Street, le Premier ministre Keir Starmer a autorisé le recours aux forces armées et aux autorités maritimes pour intercepter et arraisonner des navires appartenant à la « flotte fantôme » dans les eaux du Royaume-Uni.

S’exprimant le 25 mars 2026 en amont d’un sommet de la Joint Expeditionary Force à Helsinki, Keir Starmer a justifié ce durcissement : « Vladimir Poutine se frotte les mains face à la guerre au Moyen-Orient, pensant que la hausse des prix du pétrole lui permettra de remplir ses caisses. C’est pourquoi nous intensifions nos actions contre sa flotte fantôme », affirmant vouloir ainsi « priver la machine de guerre russe des profits qui financent sa campagne en Ukraine ».

Cette flotte parallèle, constituée en grande partie de pétroliers anciens opérant sous pavillons de complaisance, est utilisée par la Russie pour contourner les restrictions imposées depuis l’Invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Londres estime qu’elle assure aujourd’hui le transport d’une part majoritaire du brut russe exporté.

L’initiative britannique s’inscrit dans une dynamique européenne déjà engagée. Ces dernières semaines, plusieurs États côtiers ont franchi le pas de l’interception physique. Le 20 mars, la France a ainsi arraisonné le pétrolier Deyna en Méditerranée, une opération qui s’inscrit dans une série d’interventions similaires menées depuis le début de l’année. Début mars, la Belgique, avec l’appui de moyens français, a saisi en mer du Nord le pétrolier Ethera, suspecté de naviguer sous faux pavillon et de transporter du brut russe en violation des sanctions. Dans le même temps, la Suède a procédé à deux arraisonnements en mars par ses garde-côtes. Ces actions reposent sur un partage accru du renseignement maritime et une surveillance renforcée des routes énergétiques en mer du Nord, en Baltique et en Méditerranée.

Dans ce contexte, des unités spécialisées britanniques ont été mobilisées. Le Special Boat Service et les Royal Marines ont récemment achevé des phases d’entraînement dédiées à des opérations d’arraisonnement potentiellement non coopératives. Selon les autorités, ces capacités pourraient être engagées à brève échéance, les mouvements de navires sanctionnés étant suivis en temps réel.

Sur le plan juridique, ces opérations s’inscrivent dans le cadre du régime de sanctions britannique, tout en restant contraintes par le droit international, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

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