Face aux tensions sur l’approvisionnement liées au blocage du détroit d’Ormuz, le gouvernement autorise temporairement la vente de « gazole d’été », habituellement interdit en hiver. Une mesure d’urgence pour augmenter les volumes disponibles, mais non sans risques pour les automobilistes.

Le gouvernement autorise temporairement les distributeurs de carburant à vendre du gazole moins résistant au froid, et habituellement non autorisé à la commercialisation.

Pourquoi le gouvernement autorise-t-il la vente de « gazole d’été » en plein hiver ?

Face aux tensions sur l’approvisionnement, le gouvernement a décidé d’autoriser, temporairement, la commercialisation de gazole d’été, habituellement interdit en période hivernale.

Dans sa décision publiée au Journal officiel, l’exécutif évoque des « difficultés exceptionnelles d’approvisionnement rencontrées dans le contexte de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz », ainsi que des « difficultés à s’approvisionner en gazole aux spécifications de saison ».

Par ce détroit stratégique transite environ 20 % du pétrole mondial, et son quasi-blocage a entraîné une flambée des cours. En France, les prix à la pompe ont suivi : le gazole a augmenté de près de 29 % depuis le 27 février, selon des données compilées par l’AFP.

Qu’est-ce que ce gazole d’été et pourquoi est-il normalement interdit ?

La dérogation valable jusqu’au 31 mars, permet, « à titre exceptionnel et temporaire », de « détenir en vue de la vente et à commercialiser, un gazole non conforme aux spécifications ».

Concrètement, il s’agit de gazole d’été, moins résistant au froid. Sa température limite de filtrabilité (TLF) est de 0 °C maximum, « au lieu de – 15 °C maximum », précise le texte. Ce carburant est donc plus susceptible de se figer lorsque les températures chutent, ce qui explique pourquoi il est normalement interdit en hiver, notamment dans les zones montagneuses.

Quels effets et quels risques pour les automobilistes ?

Pour le gouvernement, cette mesure doit permettre « d’augmenter notamment de 20 % la production de gazole sans attendre le 1er avril sur le site de Rhône Énergies (à Fos-sur-Mer) », a indiqué Bercy. L’objectif est aussi plus large : « mettre davantage d’hydrocarbures en circulation, de participer à la stabilisation du marché, mais aussi de renforcer notre souveraineté énergétique », selon le ministère de l’Économie.

Mais les risques sont clairement assumés. Les distributeurs devront « informer leurs clients des risques liés à l’utilisation de ce produit » lorsque les températures descendent sous 0 °C, et ces derniers assumeront « l’entière responsabilité de tout problème pouvant survenir ».

En France, le prix du gazole a grimpé de près de 29 % depuis fin février, sous l’effet du quasi-blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui a fait bondir les cours du pétrole d’environ 60 %. Jeudi, le baril repartait à la hausse, avec un Brent à 108,80 dollars et un WTI à 95,09 dollars.