Deuxièmes du championnat avant la 20e journée, les Héraultais se déplacent sur la pelouse du leader toulousain ce samedi (14h30), pour un choc qui promet des étincelles.

«L’une de nos meilleures performances de la saison». Devant les journalistes présents au stade Marcel-Michelin samedi dernier, Joan Caudullo a particulièrement savouré la victoire obtenue par Montpellier face à son rival direct clermontois (17-20). Un succès arraché au couteau et en infériorité numérique dans les vingt dernières minutes, preuve de la force de caractère d’une formation montpelliéraine qui semble arriver à maturité. «J’ai une équipe qui ne baisse pas les bras, qui ne lâche rien», se réjouissait encore le manager héraultais, dans des propos relayés par Rugbyrama. Un credo qui permet au MHR de pointer à la deuxième place du championnat, en tant que dauphin du Stade Toulousain, qu’il retrouve ce samedi (14h30) en match d’ouverture de la 20e journée de Top 14.

Une saison en mode diesel

La forme montpelliéraine du moment contraste avec un début de saison poussif. Après neuf journées de Top 14, les Héraultais – coutumiers du fait – avaient déjà concédé cinq défaites et pointaient à une triste 11e place. Dix journées plus tard, voilà la troupe de Joan Caudullo sur le podium du championnat, bien installée dans sa nouvelle position de dauphin. Aucun hasard : sur leurs dix dernières sorties, les Héraultais ont toujours décroché au moins un point. Huit victoires pour deux petites défaites avec bonus défensif, sur les pelouses de Pau et de Toulon. Grâce, notamment, à un Domingo Miotti (deuxième meilleur réalisateur du championnat) de feu, auteur de 70 points sur les quatre derniers matches, le MHR n’a plus été battu depuis le 25 janvier. Seule réelle “claque” encaissée durant cet exercice ? Une défaite sur la pelouse du Stade Français (35-12), fin octobre 2025.


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Une défense de fer

Une solidité que la formation de Bernard Laporte doit en grande partie au secteur défensif. Après 19 matches de saison régulière, Lenni Nouchi – revenu de son aventure internationale avec le XV de France – et ses partenaires possèdent la meilleure défense du championnat (407 points encaissés), juste devant le leader toulousain (409). Dans un championnat plus que jamais tourné vers l’offensive, le travail de Geoffrey Doumayrou, ancien centre emblématique du club devenu entraîneur de la défense, porte ses fruits. «J’ai toujours aimé la défense en tant que guerre stratégique avec l’attaque. […] Aujourd’hui, j’ai le sentiment que l’équipe aime défendre et récupérer des ballons», assure l’intéressé dans les colonnes de Midi Olympique. Face à Clermont, cinq Montpelliérains ont terminé dans les six meilleurs plaqueurs du match, l’infatigable Nouchi en figure de proue (13 plaquages).
«Techniquement, je pense qu’on n’a pas été très bons, mais par contre, on a mis une envie qui était au-dessus d’eux aujourd’hui», constatait avec lucidité le capitaine de 22 ans.

Florian Verhaeghe, symbole d’avants épanouis

Le deuxième-ligne international (28 ans ; 3 sélections) incarne à merveille le projet de jeu montpelliérain. Après des débuts compliqués cette saison – quatre titularisations pour aucune victoire – Florian Verhaeghe est monté en puissance pour retrouver tout son potentiel. Depuis deux mois, l’ancien Toulousain rayonne dans le paquet d’avants héraultais. Sa science du contre en touche fait des ravages face aux alignements du Top 14, tout comme sa capacité à ferrailler dans le combat et les tâches obscures. «Il a fait une masterclass, il nous amène l’ADN que l’on veut, c’est-à-dire être agressif, mettre énormément d’engagement, et être capable de faire le moins de fautes possibles», l’a félicité son manager en conférence de presse à Clermont. Derrière des figures combattantes et teigneuses comme Bécognée, Duguid, Vunipola ou évidemment Nouchi, le MHR ne renie pas son jeu frontal et est aujourd’hui une formation bien difficile à bousculer.

Banks et Price, les bonnes pioches

Comme un symbole, Tom Banks a libéré ses partenaires samedi dernier grâce à un essai à la 77e minute, sur un exploit personnel côté fermé. Arrivé en provenance du championnat japonais cet été, l’arrière australien de 31 ans, «recrue de dernière minute» à en croire Joan Caudullo, a joué toutes les minutes de chaque journée depuis le début de la saison. Fiable, propre et constant, il s’affirme comme l’une des meilleures recrues de cette édition 2025-2026 et pourrait donc participer à la phase finale pour sa première dans l’élite française.

À un autre poste clé, c’est l’expérimenté demi de mêlée Ali Price, international écossais (32 ans ; 68 sélections), qui a fait le choix de rejoindre le MHR. Si le double champion du monde sud-africain Cobus Reinach est rentré jouer au pays, les dirigeants héraultais n’ont pas forcément perdu au change. Déjà 15 apparitions en Top 14 pour l’ancien du Chardon, qui se fond à merveille dans le jeu de combat prôné par le club de l’Hérault. Ce samedi à Ernest-Wallon, il devrait croiser un certain Antoine Dupont, pour un duel d’internationaux qui rappellera quelques souvenirs de Murrayfield au capitaine toulousain.