Au cinquième jour du procès du meurtre de Farid Tir dans lequel comparaissent plusieurs cadres présumés de la DZ Mafia, le box des accusés est resté vide, ainsi que celui des avocats, pour protester contre le départ précipité d’une enquêtrice avant la fin de sa déposition.

Le procès emblématique de deux cadres de la DZ Mafia à Aix-en-Provence vire au fiasco. Au cinquième jour de cette audience dans lequel comparaissent Amine Oualane et Gabriel Ory dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Farid Tir, les accusés ont décidé de boycotter le procès et de ne pas se présenter au tribunal, tout comme leurs avocats. Le procès s’est donc ouvert devant la cour criminelle des Bouches-du-Rhône ce vendredi matin avec un box et un banc de la défense désespérément vides.

Deux des accusés, dont Karim Harrat, sont dans les geôles et refusent de monter en salle d’audience, a indiqué un policier à l’ouverture du procès. Les autres ont refusé d’être extraits de leurs cellules. «Nous allons faire délivrer aux cinq accusés des sommations interpellatives», a indiqué la présidente du tribunal avant d’ordonner une suspension d’audience de vingt minutes.


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Départ précipité d’une capitaine de police

Au terme d’une intense bataille procédurale, les avocats des six accusés jugés pour l’assassinat en août 2019 du narcotrafiquant marseillais Farid Tir et d’un de ses proches ont quitté ce jeudi en fin d’après-midi les bancs de la défense.

Tout au long de la journée, ils avaient réitéré les demandes de renvoi puis de suspension en raison de l’absence d’une capitaine de police qui, mercredi, avait quitté le palais de justice d’Aix-en-Provence sans prévenir avant la fin de sa déposition. Elle a ensuite fourni un certificat médical, valable jusqu’au 1er avril inclus.

Gabriel Ory dénonce une «mascarade»

L’officier de police judiciaire, convoquée pour rapporter une partie de l’enquête dont elle avait eu la charge, avait répondu aux questions de l’accusation et à celles de deux avocats des accusés, avant de s’éclipser lors d’une interruption d’audience, privant une partie de la défense de la possibilité de l’interroger.

Les avocats de la défense ont ensuite dénoncé à maintes reprises la poursuite d’un procès qu’ils jugent inéquitable. «C’est une mascarade, a estimé ce jeudi Gabriel Ory. Six ans que j’attends de me défendre et je me retrouve dans un sketch.» «Ce sera un procès bidon alors qu’on est venu de bonne foi», a déploré de son côté Amine Oualane.