La curation d’art d’Anne Sirot

Dans cet intérieur familial pensé comme un havre de paix, un cocon poétique au-dessus du tumulte de la ville, dialoguent du mobilier dessiné sur mesure, des meubles d’éditeurs ou des pièces chinées. La curatrice Anne Sirot accompagne le projet en sélectionnant des œuvres et objets contemporains qui dialoguent avec l’architecture, créant des contrepoints subtils entre tradition et modernité. « J’ai vraiment suivi le goût des propriétaires et la direction donnée par Adeline. C’est-à-dire quelque chose d’extrêmement lumineux, sans couleurs extravagantes, qui renvoie très bien à l’atmosphère aux tonalités très lactées de ce dernier étage. » Dans cet enchaînement successif de pièces, Anne Sirot choisit de scander chaque fois un élément marquant : dans le salon, un travail d’encre sur papier d’Anne Rodeno et, sur la cheminée, un tableau d’une œuvre également sur papier de Denis Martin qui comporte des touches de blanc qui renvoient la lumière posée sur la cheminée. Pour les vases, les teintes douces et les formes organiques des créations de l’artisane Sarah Movie fonctionnent merveilleusement. « Des pièces trop lisses, auraient fait un peu trop déco. Il fallait des formes plus singulières qui, associées à la terre notamment, accrochent la lumière et donnent plus de matérialité. »

Les menuiseries sur mesure dploient un motif de cannelure rinterprtation des moulures du Beffroi du Louvre à deux pas....

Les menuiseries sur mesure déploient un motif de cannelure, réinterprétation des moulures du Beffroi du Louvre à deux pas. En chêne, elles ont été réalisées par un menuisier d’art. Cette alliance entre moulures classiques et cannelures modernes définit l’esprit du lieu : un classicisme réinventé, jamais pastiche, toujours ancré dans son époque.Amaury Laparra

Lentre accueille une console en travertin  surmonte dun vase en cramique de Jrmy Niquet donnant le ton dès le seuil.

L’entrée accueille une console en travertin (Talka) surmontée d’un vase en céramique de Jérémy Niquet, donnant le ton dès le seuil.Amaury Laparra

Un classicisme réinventé

Dans la chambre, de tout petits tableaux d’Anne Rodeno sont disposés sur chaque table de nuit et, sur la coiffeuse, une délicate broderie et encre sur papier de l’artiste Sabatina Leccia. « Ce que Adeline avait extrêmement bien travaillé, c’est toute la partie bois. Je ne pouvais pas trop en rajouter pour ne pas trop marquer les lieux. » Ainsi, dans l’entrée, sur la console, un vase de Jérémy Niquet donne la petite touche qui fait le lien avec cet univers du bois. Juste devant la porte du salon, on note, sur une stèle travaillée, un vase en albâtre. Ni l’un ni l’autre n’ont été curatés par Anne Sirot, mais juste associés à partir d’objets que possédaient les propriétaires. Et c’est aussi tout l’art du tandem Adeline Hémonnot et Anne Sirot que d’avoir su recréer dans un étage mansardé toute l’atmosphère des étages inférieurs, dits de réception. Sans pastiche, dans une vision d’un Haussmannien patrimonial mais modernisé « l’air de rien », entre pièces chinées, restaurées, créées sur mesure comme une renaissance apaisée.
adelinehem.com
annesirot-curatrice-art.com