Depuis ce vendredi matin, les travées du SAVIM Printemps bourdonnent déjà. Entre le cliquetis des verres, le croisement des caddies et les rires qui s’entremêlent, l’ambiance est immédiate : ici, on ne vient pas simplement faire ses courses, on vient à la rencontre de l’humain.

L’anti-supermarché au cœur de Marseille

« On n’est pas dans un supermarché. Si vous cherchez des codes-barres anonymes, passez votre chemin ». Le credo de Philippe Colonna, fondateur du salon, est sans appel. Avec son fils Florent, qui orchestre la logistique depuis plus de vingt ans, il a bâti un rempart contre la dérive des foires industrielles. Le SAVIM, c’est une sélection drastique où le « forain » n’a pas sa place. Seul le producteur a droit de cité. Ce vendredi, la clientèle des habitués – fine connaisseuse et fidèle – file déjà droit vers les stands sélectionnés au fil des années.

Le Coq Bressan et les douceurs de Pâques

Parmi les 230 exposants, une attraction singulière cristallise l’attention : le stand de la Ferme du Coq Bressan. Il ne désemplit pas. Pauline Badin y présente ses volailles de Bresse AOP, d’ordinaire réservées aux tables étoilées. L’épicerie fine régionale n’est pas en reste : huiles d’olive, charcuteries corses et fromages de caractère côtoient les maîtres chocolatiers.

À l’approche de Pâques, les créations de L’Espérantine ou de L’Étoile du Délice transforment le salon en escale gourmande incontournable. Les marins-pêcheurs de Port-Vendres (Les Anchois de Marie) complètent ce tableau avec leurs thons rouges et anchois préparés au large.

Des crus de plaisir aux terroirs de garde

Côté cave, le printemps célèbre les rosés aromatiques entre 10 et 12 euros. Mais le SAVIM, c’est aussi le temps long. Le Domaine Les Teyssonnières (Gigondas) incarne la patience historique depuis 1838, tandis que la modernité s’invite avec le Domaine Olibrius, figure de proue du nouveau Cru des Côtes-Du-Rhône : Laudun.

Une relève passionnée

Loin d’être un rituel de nostalgiques, le salon rajeunit. Preuve que le terroir séduit la relève, 80% des inscrits aux cours de dégustation ont moins de 25 ans ! Dans un monde dominé par l’incertitude et la technologie, le SAVIM s’impose comme une escale rassurante.

Près de 23 000 visiteurs sont attendus jusqu’à lundi pour célébrer ce que Philippe Colonna appelle une « victoire de l’humain » : le plaisir simple d’un partage sans artifice.

Infos pratiques :

Dates : Jusqu’au lundi 30 mars, Parc Chanot (Marseille).

Horaires : 10h-20h (fermeture à 18h le lundi).

Initiation : Cours de dégustation (5 €) à 13h, 15h et 17h (ven, sam, dim).

Invitations : www.salons-savim.fr