Le combat des légumiers du nord Finistère, dans les années 60, continue d’inspirer le monde agricole. Jusque dans les salles de traite. « Des leaders comme Alexis Gourvennec ont ouvert la voie et montré l’importance du collectif pour garder la main et ramener de la marge et du volume dans nos fermes » , souligne Benoît Quéméneur, éleveur à Ploudalmézeau et président de Poplait.

Lors de son assemblée annuelle, jeudi à Rennes, les responsables du Cerafel (Prince de Bretagne) et de l’AOP Porc grand ouest sont venus partager leur expérience et leurs valeurs. Porc, légumes, lait… Même combat ?  Nos univers sont différents, bien sûr, mais finalement nos intérêts sont les mêmes.

Une représentation à Bruxelles

Pour mieux les défendre, les trois AOP ont créé Agri Ouest Europe, un organe animé par un professionnel chargé de porter leur voix à Bruxelles. La voix de 7 500 exploitants produisant 500 000 tonnes de légumes, 11,5 millions de porcs et 1,2 milliard de litres de litres de lait. Objectif : être plus audibles auprès des institutions européennes. Lesquelles sont d’ailleurs à l’origine des AOP, créées pour redonner le pouvoir de négocier aux producteurs, rappelle Elodie Ricordel, éleveuse à Avessac (Loire-Atlantique) et vice-présidente de Poplait.

L’AOP laitière réaffirme la nécessité de s’unir, face à la volonté de l’aval d’affaiblir les OP, de les contourner en proposant des contrats individuels aux adhérents. Les responsables de Poplait fondent beaucoup d’espoir sur le projet de loi d’urgence agricole, qui prévoit des sanctions financières, jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires, pour les industriels qui ne jouent pas le jeu. Cela dit, les relations ne sont pas toujours aussi tendues. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on avance ensemble, comme la RSE, souligne Marie-Alix Momot, directrice de Poplait.

L’AOP a vu ses effectifs diminuer depuis un an après le départ de l’APLBL (association des producteurs de lait Bretagne Pays de la Loire) vers l’Unell, l’AOP des éleveurs livreurs de Lactalis. « Cette évolution s’est faite en bonne intelligence », précise Poplait. Elle rassemble aujourd’hui sept organisations de producteurs (OP), soit 1750 exploitants fournissant les industriels Bel, Saint-Père, Savencia, Les Maitres laitiers, Sill, Mont-Blanc, Vaubernier.