Depuis plusieurs jours, l’animatrice allemande de télévision, Collien Fernandes, fait la une des médias. Onze jours après la plainte déposée par la quarantenaire, le 19 mars, contre son mari qu’elle accuse de l’avoir « virtuellement violée » en publiant des deepfakes pornographiques pendant dix ans, le parquet allemand a annoncé avoir ouvert des investigations.
L’ex-époux de Collien Fernandes, Christian Ulmen, est ainsi visé par une enquête pour « harcèlement ». Dans un communiqué, le parquet d’Itzehoe a déclaré retenir un « soupçon initial » contre l’acteur et animateur de télévision de 50 ans, à la lumière des éléments apportés par son ex-femme.
Harcèlement et violences physiques
L’instance a rouvert l’enquête, classée en juin après la plainte de Collien Fernandes contre X déposée en 2024, faute d’indices permettant d’identifier l’auteur, selon le parquet. L’enquête sera désormais dirigée contre le mari. Le parquet a retenu l’accusation de harcèlement et étudie si d’autres infractions pourraient entrer en ligne de compte, ajoute le communiqué.
Dans sa plainte déposée le 19 mars, Collien Fernandes accuse Christian Ulmen d’être responsable du harcèlement en ligne qu’elle subit depuis plusieurs années, et l’accuse de violences physiques. Au terme de l’enquête, le parquet pourra soit classer l’affaire sans suite soit demander l’ouverture d’un procès au pénal.
Une loi contre les violences numériques
Cette affaire, qui touche un couple de stars, a relancé en Allemagne le débat sur la diffusion de vidéos générées par intelligence artificielle à caractère sexuel, et le harcèlement subi par les femmes sur les réseaux sociaux. Cette semaine, des manifestations de soutien ont eu lieu dans toute l’Allemagne, notamment à Hambourg, où l’actrice a prononcé, hier, un discours devant près de 20.000 personnes.
L’Allemagne espère combler ses « lacunes juridiques » avec une loi contre les violences numériques concertée cette semaine par le gouvernement, a assuré la ministre de la justice Stefanie Hubig. Berlin souhaite ainsi, à terme, criminaliser la création et la diffusion de deepfakes sexuels, et contraindre les plateformes à supprimer les contenus et poursuivre les auteurs.