Depuis vendredi matin, les travées du Savim printemps bourdonnent d’une effervescence familière. Sous la voûte du Parc Chanot, le cliquetis des verres qui s’entrechoquent répond au roulement discret des caddies et aux éclats de rire qui s’entremêlent.

Ici, l’atmosphère est immédiate et singulière : on ne vient pas simplement faire ses courses, on vient à la rencontre de l’humain, dans ce que la gastronomie a de plus généreux. Ni le mistral persistant qui siffle aux portes du hall, ni les engins de chantier s’activant à moderniser le parc, n’ont entamé la détermination des épicuriens. Bien au contraire.

La revanche des gourmands

Pour Jeanne et Louis, deux septuagénaires aixois, cette édition a un goût de revanche. Grippés en novembre dernier, ils avaient dû faire l’impasse sur le rendez-vous automnal. « Il n’était pas question de louper celle du printemps ! », confient-ils. Leur panier de provisions dessine une géographie du plaisir : les fameuses noisettes du Piémont (nature ou enrobées de chocolat), les gâteaux à la châtaigne du Petit Cévenol (Gard), le pain d’épice de Nicolas & Co (Vaucluse) ou encore la pogne de Romans (Drôme). « On a surtout envie de faire plaisir aux enfants et petits-enfants », glisse Jeanne dans un sourire.

Si la matinée appartient traditionnellement aux seniors, l’après-midi voit la fréquentation se métamorphoser. Les groupes d’amis profitent d’une demi-journée de RTT pour déambuler en toute détente. Damien, la trentaine, est venu en éclaireur : « Demain, je reviens avec la bande. Aujourd’hui, j’ai goûté les blancs et les rosés du Château Saint-Hilaire (Coteaux d’Aix). Une belle surprise à prix très corrects ! Tout comme ceux du Domaine Deprad (AOP Bandol et Côte de Provence). »

La fidélité au terroir

Mais le Savim, c’est aussi le retour des références immuables. Parmi elles, on ne présente plus le Mas du Trident, à Vauvert dans le Gard. Une halte obligatoire pour les amateurs de fromages fermiers au lait cru. Leur spécialité, le Trident, ressuscite l’ancienne « Tomme d’Arles » de Camargue et de Provence. Un fromage de brebis au caractère bien trempé.

Le secret de la longévité du Salon réside dans cet équilibre : savoir surprendre tout en retrouvant les piliers du terroir. On se presse devant le stand de Pierre Matayron, dont le porc noir gascon continue d’enthousiasmer les papilles, ou vers les charcuteries corses de Stéphane Mannei ou Buresi. Pascal et Laure prévoient déjà leur retour pour le lendemain, cette fois avec leurs adolescents, séduits par cette ambiance « bon enfant » où l’on déguste avant de choisir.

Près de 23 000 visiteurs sont attendus jusqu’à lundi. Dans un monde de plus en plus virtuel, le  Savim reste ce bastion du réel : le plaisir simple d’un partage sans artifice, autour d’un verre et d’une tranche de vie.

Infos pratiques : 24e Savim printemps, jusqu’au 30 mars, au Parc Chanot (Marseille). Ouvert de 10 h à 20 h (fermeture à 18 h le lundi). Cours de dégustation du vin (5 €) samedi et dimanche à 13 h, 15 h et 17 h. Invitations téléchargeables sur www.salons-savim.fr.