La recette de son succès ? Le flair, l’ambition et, peut-être, « un côté un peu inconscient ». À 41 ans, Serge Marrant est à la tête du groupe BAM, un ensemble d’une vingtaine d’entreprises de la construction qui n’en finit pas de grandir, malgré la crise qui sévit dans le secteur depuis trois ans. Sur les deux derniers mois, le groupe de Saint-Gilles (35), près de Rennes, a annoncé l’acquisition de quatre sociétés : LRD (désamiantage) et le Cardinal (démolition) à Ploumagoar (22), près de Guingamp, CMC (charpente métallique) à Saint-Hervé (22), au nord de Loudéac, et Maurice Rault (second œuvre), à Rohan (56), près de Pontivy. « Quatre acquisitions, c’est le signe que les choses ne vont pas trop mal… ! », sourit Serge Marrant.

L’homme, originaire du Sud-Ouest, a posé les bases de ce qui deviendra le groupe BAM en 2010, en rachetant la PME bretillienne Jarnot avec Laurent Bauer, aujourd’hui retraité. « Assez vite », l’entreprise de charpente-couverture de sept salariés se développe. Et « assez vite », son dirigeant voit plus loin et envisage de racheter d’autres sociétés. Deux premières opérations sont signées en 2017 dans le Sud-Ouest. Une quinzaine d’autres suivront, permettant de diversifier les métiers (produits en béton, métallerie, gros œuvre…). Un vrai atout en temps de crise : lorsqu’une activité tangue, les autres compensent.

Plus de 100 M€ de chiffre d’affaires

Porté à la fois par les acquisitions et le développement interne, le groupe est aujourd’hui structuré en quatre pôles : charpente-couverture, métallerie, gros œuvre et tout corps d’état. Il emploie 560 salariés (700 en ajoutant les intérimaires) en Bretagne, Pays de la Loire et Nouvelle Aquitaine, pour un chiffre d’affaires de plus de 100 M€ en 2025.

En période de crise, le marché se resserre souvent sur les gens qui savent faire

Comment sont choisies les sociétés rachetées ? « On ne reprend que des entreprises rentables », précise Serge Marrant. Il s’agit souvent de structures de taille modeste, avec de bonnes perspectives de croissance. « Ce sont des boîtes qui travaillent bien, avec minimum 30 ans d’histoire. En période de crise, le marché se resserre souvent sur les gens qui savent faire. » Chaque entreprise reste autonome mais profite de fonctions support mutualisées (achats, finances, commercial…).

Un nouveau bâtiment en projet à Brest

Pour la suite, le groupe, dont le capital est détenu par Serge Marrant et son associé Damien Inguanta, a plusieurs projets dans les tuyaux, dont un nouveau bâtiment de 4 000 m², à Brest, pour la filiale de menuiseries alu Brit’Alu, aujourd’hui installée à Guipavas (29). Le chantier doit être terminé au dernier trimestre 2027.

Des acquisitions sont par ailleurs envisagées, notamment pour renforcer l’activité couverture et s’ouvrir aux métiers de l’électricité, plomberie, chauffage, ventilation, climatisation. De quoi être capable de construire un bâtiment de A à Z.