La tension ne redescend pas encore. Ce vendredi, la préfecture a alerté que 55 % des stations-service corses connaissent ou risquent de subir des pénuries d’ici ce week-end, conséquence directe du blocage des dépôts pétroliers. Face à l’urgence, les préfets ont réuni les distributeurs locaux (Rubis, Total, Ferrandi). « Ils sont attentifs à la situation des détaillants dont les réseaux ne pratiquent pas de plafonnement des prix », explique dans un communiqué la préfecture de région. Cette dernière lance également un appel ferme à la levée immédiate des blocages, une « condition nécessaire pour poursuivre le dialogue entre les distributeurs et stations-service ».

Pour tenter d’apaiser la crise, l’État a dévoilé plusieurs mesures de soutien. Les transporteurs routiers (TPE/PME) et les professionnels de la mer bénéficieront d’une remise exceptionnelle de 20 centimes par litre. Le secteur agricole profite quant à lui d’une baisse de 4 centimes par litre sur le GNR pour avril et de la suspension de la taxe carbone sur les engrais.

Fin des blocages dès demain

Le porte-parole du collectif des gérants de stations-service de Corse, Frédéric Sauli, annonce le déblocage des dépôts pétroliers d’Ajaccio et de Lucciana, ce vendredi soir. Une décision qui intervient après les annonces du gouvernement concernant des « aides ciblées » pour faire face à la flambée des prix des carburants.

Pour autant, la crise est loin d’être définitivement réglée. « Nous attendons une réaction rapide de l’ensemble des acteurs et des institutions sollicités pour répondre à la problématique globale de la Corse », indique le porte-parole. Le collectif décidera, d’ici le mercredi 1er avril, « en fonction des propositions faites », de la suite à donner à la mobilisation.

Une table ronde est annoncée en début de semaine prochaine. En attendant, la répression des fraudes (DGCCRF) va scruter de près les prix à la pompe pour éviter tout abus.