Le début du show était beau et prometteur. L’anticipation du toujours redoutable et imprévisible Giulio Ciccone depuis déjà de longs kilomètres, l’attaque de Mikel Landa, suivi par Florian Lipowitz et Lenny Martinez, la défaillance ensuite de Joao Almeida, victime d’une chute plus tôt dans la course, tout comme un autre favori, Tom Pidcock, lourdement tombé mais qui a tout de même terminé l’étape, faisaient saliver. Les premiers kilomètres de l’ascension vers La Molina ont donné espoir de voir une course disputée entre les favoris, et un agréable spectacle, donc. Et puis Jonas Vingegaard a décidé de tirer le rideau. Une violente accélération à sept bornes du sommet, et le Danois tua le suspense en asphyxiant un à un ses adversaires.

JONAS VINGEGAARD PREMIER SURPRIS DES ÉCARTS

Alors que des garçons comme Richard Carapaz ou Oscar Onley avaient déjà montré leurs limites, l’ancien double vainqueur du Tour de France s’est envolé et creusé des écarts conséquents en quelques kilomètres seulement. “On avait établi un plan ce matin au briefing. Je n’avais pas mes meilleures sensations en début de course mais à l’inverse, je me suis senti extrêmement bien dans la dernière ascension”, se félicitait le lauréat au micro de l’organisation, au pied du podium protocolaire.

Comme lors de Paris-Nice, mais dans des conditions il est vrai bien différentes, Jonas Vingegaard semble avoir déjà condamné ses adversaires à se disputer les places d’honneur au classement général. “Je ne m’attendais pas à créer de tels écarts mais c’est une satisfaction”, concède celui qui n’avait, en réalité, pas prévu de partir de si loin mais a été tenté d’enfoncer le clou lorsqu’il a vu le Belge Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-Hansgrohe) dans le dur.

LE VENT DE FACE A FREINÉ FELIX GALL

Voilà le Scandinave en tête du classement général avec un matelas de 57 secondes d’avance sur… Félix Gall. Le leader de la formation Decathlon CMA CGM a livré une prestation solide lors de cette arrivée au sommet – une seconde suivra ce samedi à Queralt après une dernière montée de 6 km à 7% de pente moyenne. “Je suis content d’avoir couru de manière offensive dans le final, même s’il était difficile de faire des différences avec le vent de face”, résumait l’Autrichien auprès de la WorldTeam française.

Les tricolores ne sont pas en reste puisque Lenny Martinez – qui avait devancé Jonas Vingegaard à Nice lors de la dernière étape de « la Course au Soleil » – et Valentin Paret-Peintre ont été parmi les tous derniers à tenir tête au Danois, avant de respectivement terminer 3e et 5e de l’étape. L’Azuréen et le Haut-Savoyard occupent d’ailleurs les mêmes places au général et peuvent rêver d’un podium final.