Le centre d’art Gwinzegal à Guingamp, présente jusqu’au 7 juin, une exposition intitulée « Black Is Beautiful ». Une rétrospective consacrée au photographe afro-américain Kwame Brathwaite, témoignage d’une époque, les années 60 – 70, mêlant photos, mode, design et musique, mais aussi et surtout, mouvement militant, contre la discrimination raciale.

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Des photos de mode, des mannequins, des femmes noires exclusivement. Des artistes aussi, chanteurs, musiciens…

Ces clichés datent pour la plupart des années 60 et 70. Toute une époque défile sous les yeux des visiteurs, le Harlem, Brooklyn et Manhattan de ces années-là. Ces images sont l’œuvre du photographe afro-américain Kwame Brathwaite.

L’artiste new-yorkais, né en 1938, s’est fait le témoin de la communauté noire aux États-Unis à partir de la fin des années 50.

Même s’il capte le quotidien, pour ce fan de jazz, ce sont les musiciens et les clubs, dédiés à cette musique, qui ont constitué le point de départ de son travail, comme l’explique Jérôme Sother, commissaire de l’exposition et codirecteur du centre d’art Gwinzegal à Guingamp.

« La colonne vertébrale de son œuvre c’est la musique, en partant du jazz, en allant vers la soul. Il a photographié les rastafaris, James Brown, Stevie Wonder, en Afrique. Il est allé partout dans le monde, pour photographier les plus grands musiciens de la communauté afro-américaine. »

Auteur de nombre de pochettes de disques, le photographe imprime ainsi sur pellicule, Bob Marley, Miles Davis, les Jackson Five, mais également le boxeur Muhammad Ali.

Dans une société marquée par le racisme, le témoignage du photographe n’est pas que musical, il se fait aussi largement militant, participant à un mouvement artistique de lutte contre la ségrégation raciale.

« Dans son autobiographie, il dit, j’étais le gardien des images. Il a cette grande force d’être présent, d’être le témoin, explique Jérôme Sother. Il est à la fois le témoin du quotidien, mais il est aussi le militant et l’acteur de ces images où il va vraiment défendre cette communauté. »

Il est à la fois le témoin du quotidien, mais il est aussi le militant et l’acteur de ces images où il va vraiment défendre cette communauté.

Jérôme Sother

Commissaire de l’exposition « Black is Beautiful »

Il participe notamment à ce qu’on appellerait des happenings aujourd’hui. Des défilés de mode, avec des femmes noires, qui sont autant des militantes que des mannequins, rythmés par les musiciens qui accompagne les manifestations. Le plus souvent, les modèles confectionnent elles-mêmes leurs vêtements, qui empruntent beaucoup à la culture africaine. Mouvement de fierté et d’émancipation.

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Le centre d’art, Gwinzegal à Guingamp, présente jusqu’au 7 juin, l’exposition « Black Is Beautiful », rétrospective consacré au photographe afro-américain Kwame Brathwaite.

©Krystel Veillard, Fabrice Leroy et Guillaume Lancien – France Télévisions

Sur les photos, les femmes ont d’ailleurs abandonné les codes occidentaux pour se réapproprier leur identité africaine. Et ces défilés captés par l’objectif du photographe, sont autant des actes revendicatifs, qu’esthétiques.

« Black is Beautiful », est la première rétrospective en France de l’œuvre de Kwame Brathwaite. Le photographe, dont l’œuvre couvre six décennies, est décédé en 2023. Figure majeure aux États-Unis, il reste assez méconnu chez nous. L’exposition devrait contribuer à combler cette lacune.