Réalisé grâce au Synchrotron européen de Grenoble, un atlas numérique inédit permet désormais d’explorer les organes humains en trois dimensions, à l’échelle du micron. Baptisé « The Human Organ Atlas », il est accessible gratuitement en ligne et ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche médicale et l’enseignement.

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Explorer les organes du corps humain dans leurs moindres détails : c’est désormais possible grâce à une équipe internationale de scientifiques, qui a annoncé ce mercredi le lancement de « The Human Organ Atlas ». Cet atlas en ligne, en libre accès, permet de visualiser l’ensemble des organes humains avec un niveau de précision inédit.

L’origine du projet remonte à la pandémie de Covid-19. Sous l’impulsion de deux médecins allemands, l’idée émerge d’exploiter la puissance des rayons X pour mieux comprendre les lésions pulmonaires liées au virus.

« Ils se sont alors rapprochés du Synchrotron européen à Grenoble et c’est là que le laboratoire anatomique des Alpes françaises de l’UGA est entré dans cette aventure puisque nous avions à disposition des organes humains qui ont permis une exploration de l’anatomie humaine jusqu’à une très haute définition », explique Alexandre Bellier, praticien hospitalier et professeur au laboratoire d’anatomie des Alpes françaises (LADAF).

Pour ce faire, les chercheurs grenoblois ont adapté les techniques utilisées depuis 20 ans pour étudier les fossiles, mais avec un synchrotron de quatrième génération. « Cette nouvelle machine a permis d’atteindre un niveau de sensibilité suffisant pour voir tous les détails dans un organe humain complet et pouvoir zoomer dans l’organe jusqu’au niveau cellulaire, ce qui était totalement infaisable jusqu’à maintenant », détaille Paul Tafforeau, paléontologue et chercheur à l’ESRF.

Le projet « The Human Organ Atlas » prend alors forme, en partenariat avec la faculté de médecine de l’Université Grenoble Alpes. Sa mission : préparer et fournir les échantillons au Synchrotron pour analyse.

Grâce à une méthode d’imagerie offrant une résolution environ 20 fois supérieure à celle de l’imagerie traditionnelle, les scientifiques ont déjà modélisé une quinzaine d’organes, dont le poumon, le cerveau et le cœur. Ces derniers ont été explorés jusqu’à l’échelle du micron, soit 50 fois plus fine que l’épaisseur d’un cheveu.

On peut se balader à l’intérieur de l’organe en trois dimensions et on ne détruit pas l’organe.

Alexandre Bellier, praticien hospitalier et professeur au laboratoire d’anatomie des Alpes françaises

« Pour les étudiants en médecine, je commence déjà à utiliser ce type de support pour leur permettre de mieux comprendre l’anatomie en 3D. Mais ça sert aussi et surtout aux chercheurs du monde entier qui veulent accéder à ces images, qui sont publiques, et pour pouvoir mieux comprendre les conséquences des différentes pathologies que l’on peut avoir. On peut se balader à l’intérieur de l’organe en 3D et on ne détruit pas l’organe », souligne Alexandre Bellier.

Ce « Google Earth » de notre anatomie est accessible gratuitement sur une base de données en ligne. D’ici deux ans, l’objectif des scientifiques est de réussir à modéliser l’ensemble du corps humain.