Des dents en ivoirine, de l’alginate, poudre rose qui sert à faire des empreintes, du plâtre… Les étudiants en deuxième année de chirurgie dentaire déboursent en moyenne 813 € pour se former, en plus des frais d’inscription (178 € par an pendant le premier cycle, 254 € ensuite) et de la contribution de vie étudiante et de campus (105 € à la rentrée 2025).
On est obligé d’acheter ce matériel pour apprendre et étudier à la fac, s’agace Imad El Ouargui. Le président de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD) est d’autant plus remonté que ces frais, qu’il juge illégaux, sont très variables d’une université à l’autre. Seulement 20 € à Rouen mais 2 072 € à Nice. Ils s’élèvent à 190 € à Nantes, 881 € à Rennes.
Le matériel est en général réutilisé les années suivantes mais dans certaines facs, il faut tout de même remettre la main au portefeuille. 650 € en troisième année à Caen, 523 € à Rennes…
Les étudiants boursiers sont exonérés de ces dépenses à Brest, Marseille et Paris, mais ils doivent payer 1 126 € à Toulouse, 1 159 € à Reims, 1 589 € à Lille. C’est très ville dépendant, déplore Imad El Ouargui. Cela dépend du financement de l’UFR (unité de formation et de recherche) par l’université.
« Une situation déjà complexe »
Le sujet n’est pas nouveau – il est sur la table depuis plus de vingt ans, rapporte le président de l’UNECD –, mais il devient de plus en plus problématique avec la précarisation grandissante des étudiants.
Selon la dernière enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante, 46 % d’entre eux sautent des repas pour des raisons économiques. Ces frais complémentaires viennent s’ajouter à une situation déjà complexe, abonde Imad El Ouargui.
Lui-même est en sixième année, à Bordeaux. Plus beaucoup de cours au programme, surtout des stages en cette fin d’études. Et encore des dépenses à prévoir, cette fois pour des capteurs pour faire des radios. On s’est battus en disant que ce n’était pas normal de devoir acheter du matériel pour soigner les patients. On a finalement été entendus.
Ces frais ont été pris en charge. Une initiative locale. Les étudiants en chirurgie dentaire réclament que la même politique de gratuité soit appliquée partout en France et pour tout type de matériel.