«Les Traîtres » reviennent pour une sixième saison ce samedi sur M6. Alors que le tournage de la septième édition s’apprête à démarrer, le succès de ce jeu à rôles cachés ne se dément pas. Et il a un pouvoir d’attraction bien supérieur que d’autres émissions (« Mask Singer », « Danse avec les stars »…) aux yeux des personnalités, dont beaucoup sollicitent la production pour y participer.

Pourtant, à chaque saison, plusieurs candidats s’épanchent ensuite en révélant combien l’expérience leur a été désagréable. « Mon mari m’a récupérée en miettes. Je n’ai jamais chialé comme ça. J’étais en bout de piste, c’était pathétique. J’ai pensé à abandonner », avait ainsi confié Charlotte de Turckheim à Télé Star il y a deux ans. Alors qu’est-ce qui peut bien pousser les participants à s’aventurer dans cette galère ?

« Je ne devrais pas dire ça, mais j’ai adoré. J’adore souffrir ! », plaisante Isabelle Morini-Bosc. Celle qui a couvert « Les Traîtres » comme journaliste médias est passée de l’autre côté de la caméra pour vivre le jeu en tant que joueuse. « Le château est un personnage en soi, il influe sur vous, c’est extraordinaire » assure-t-elle, précisant avoir toujours trouvé le concept du jeu et sa narration « passionnants ».

Un terrain « inconnu » et « hostile » pour Sophie Davant

Sophie Davant, elle, avait déjà été contactée par la production « plusieurs fois » mais avait toujours décliné, « faute de temps ». La journaliste et animatrice a fini par dire oui à cette saison 6, poussée par ses enfants et par son amie Caroline Margeridon, figure de la deuxième édition. « Elle m’a saoulée avec cette émission, elle me disait avoir vécu un truc de dingue, je ne comprenais rien à ce qu’elle me racontait, avance-t-elle. Comme cette année, j’avais un peu plus de temps, je me suis dit que j’étais un peu conne de n’avoir jamais regardé, alors j’ai vu et j’ai trouvé ça génial, très bien produit et monté, avec du suspense, comme une série. »

« J’avais quand même une certitude, poursuit-elle, c’est que j’allais en terre inconnue et que je ne serais probablement pas une grande joueuse car je ne suis pas très stratège. Mais je me suis dit que je serais capable de m’adapter. » Or, sur place, elle s’est sentie plongée dans un environnement « hostile » : « Avant que le tournage commence, on a passé une soirée tous ensemble avec les autres candidats, on s’attache, j’avais envie d’en savoir plus sur eux et, dès que le jeu débute, pof, on est directement confrontés à la trahison, à la fuite, aux changements de comportements. Et ça, vraiment, je l’ai mal vécu. C’était violent. C’est le but du jeu, mais ça m’a confortée dans mon idée que je n’avais rien à faire là », conclut Sophie Davant.

« Une expérience psychologique et émotionnelle »

L’artiste Richard Orlinski la comprend. « On sait que la trahison va intervenir. Dans le même temps des liens d’amitié se tissent, dont tout ça résonne avec des choses très profondément ancrées en soi », estime-t-il. Pour lui, il y a « un avant et un après « Les Traîtres » » : « C’est une vraie expérience psychologique, émotionnelle, relationnelle qui est hors du commun, que peu de gens vivent et il n’y a pas d’autres programmes dans le monde qui font ressentir ça. »

« Quand je suis sortie du jeu, j’ai pleuré pendant trois jours », révèle Nicole Ferroni. L’humoriste et animatrice est sans doute la participante de cette saison qui a le plus sollicité la psychologue qui est mise à la disposition des candidats par la production avant, pendant et après le tournage. « J’ai eu une discussion intéressante avec elle. Elle m’expliquait que le stress qu’on éprouve en tant que traître ou loyal n’est pas le même… Les traîtres démarrent avec un stress très fort. Au fur et à mesure, comme ils maîtrisent le jeu et se connaissent, leur stress diminue. Pour les loyaux, c’est l’inverse. Au début, ils sont nombreux, établissent des rapports humains. Ils se soupçonnent un peu, mais comme ils sont plein, ils sont plus sereins. Et plus le jeu avance, plus ils progressent dans la solitude et la paranoïa », expose-t-elle.

Ce qui l’a marquée particulièrement ? Le fait de voir comment il est facile d’agir en meute, de porter des accusations sur un bouc émissaire, sans véritable élément probant. « J’ai éprouvé de la culpabilité d’être aussi convaincue. J’ai été impressionnée de ma capacité à me sentir supérieure, à me dire que j’avais les clés », confesse-t-elle.

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« J’adore l’apprentissage que l’émission m’a apporté. Mais, franchement, j’ai un côté un peu trauma », explique Nicole Ferroni. Après le tournage, elle a souvent refait le jeu dans sa tête et en a même « beaucoup rêvé ». Mais, paradoxalement, si on lui proposait de participer à nouveau aux « Traîtres », elle n’hésiterait pas une seconde. « Je redirais oui cent fois ! Parce que maintenant, je sais comment ça fonctionne. »