À la tête, avec son associé Romain Boulais, de l’atelier Veneer basé en région parisienne, Félix Lévêque conçoit et fabrique du mobilier design et innovant et des agencements qui viennent équiper, notamment, les établissements du groupe Alfred Hôtels, co-dirigé par son cousin Boris Roques Rogery. Tous deux partagent des racines communes sur le Ségala aveyronnais, à Pradinas, berceau de la famille.

Veneer. En anglais, placage, mot utilisé dans la menuiserie ou en ébénisterie. « Les couches du bois qui composent le contreplaqué », précise l’Aveyronnais Félix Lévêque, installé à Saint-Jean-de-Luz, dans les Pyrénées-Atlantiques. Veneer, c’est aussi le nom que ce dernier et son associé Romain Boulais ont choisi pour leur atelier situé à Ivry-sur-Seine. Une surface de six cents mètres carrés où sont installées les différentes machines numériques qui servent à fabriquer du mobilier moderne et design, qui équipe, notamment, les établissements du groupe Alfred Hôtels, codirigé par Boris Roques Rogery, le cousin de Félix Lévêque. Une affaire de famille et entre Aveyronnais.

Félix Lévêque a des racines ségalies.

Félix Lévêque a des racines ségalies.
Photo bykab.com

Né en décembre 1981 à Paris, il obtient son diplôme d’architecte en 2005 à l’école nationale Paris Val de Seine, présentant sa thèse de fin d’études sur la pratique du skateboard dans la ville de Perpignan, où il a des attaches familiales. « Une analyse urbaine à travers la pratique du skate », précise le quadragénaire, skater de toujours. « Je maintiens mon pop », sourit-il.

Il poursuit de l’autre côté de la frontière espagnole, toujours en Catalogne, à Barcelone où il décroche un master de design.

Primé pour le « never ending bench »

« C’était l’époque des techshops et des fablabs, explique Félix Lévêque. On a créé le never ending bench qui nous a permis de gagner un concours de design open source », c’est-à-dire que tout le monde peut produire le banc pourvu que ce ne soit pas à usage commercial.

Le "never ending bench" a valu à Félix Lévêque de remporter un concours de design.

Le « never ending bench » a valu à Félix Lévêque de remporter un concours de design.
Reproduction L’Aveyronnais

L’année 2011 marque son retour à Paris. « J’ai fait des missions pour des agences d’archi, notamment avec Jacques Ferrier, sur des projets urbains. En parallèle, j’avais un atelier à Montrouge avec des amis et ma femme, l’artiste Pauline Leyravaud. On créait des meubles et on a commencé à fabriquer des rampes de skate. C’est là qu’on a décidé de diversifier notre savoir-faire, en concevant autant du mobilier en panneaux qu’en bois massif. »

On retrouve le mobilier et les agencements de l’atelier Veneer dans les établissements du groupe Alfred Hôtels.

On retrouve le mobilier et les agencements de l’atelier Veneer dans les établissements du groupe Alfred Hôtels.
Reproduction L’Aveyronnais

Et c’est en juin 2016, dans cet esprit, qu’est monté l’atelier Veneer. Un atelier qui produit, depuis 2022, du mobilier pour Alfred Hôtels. « C’était leur premier hôtel, à Compiègne. On a développé un catalogue de mobiliers et on a dessiné les chambres et les parties communes. Et créé l’hôtel virtuel, avec ma sœur Pauline », directrice artistique.

Une collaboration qui se poursuit aujourd’hui puisque l’équipe de Veneer a livré, il y a peu, le mobilier de l’hôtel Toulouse Wilson, anciennement Ours Blanc.

Une équipe où, en plus des deux associés, travaillent deux compagnons apprentis ébénistes, un compagnon apprenti charpentier, un designer et une étudiante en architecture. Et « un skater professionnel qui se reconvertit ».

Des racines sur le Ségala

« On arrive à produire en moyenne deux cents chambres par an pour Alfred Hôtels », se réjouit le designer qui a déjà collaboré à agencer et à meubler huit établissements du groupe. Avec même une petite touche d’Aveyron puisque, « quand on peut, on va chercher du bois à la scierie de Jérôme Garric, à La Primaube, précise Félix Lévêque. C’est du bois de qualité et on sait d’où ça vient. »

L’Aveyron où il puise ses racines, autant du côté maternel chez les Roques Rogery que paternel, sur ces terres du Ségala, berceau de la famille. « On a du sang aveyronnais des deux côtés », dit le designer et architecte qui, l’été, se pose dans la demeure de Pradinas avec sa femme Pauline et leurs enfants Jean, Hippolyte et Léonard.

« J’ai beaucoup de souvenirs dans cette grande maison. C’est un immense terrain de liberté, assez dépaysant », souligne le créateur qui évoque les familles « du coin », « Raoul, Marylin, André, Madame Pommier, le père Espinasse », ce sont des personnalités importantes qui ont marqué nos mémoires.

atelier-veneer.com