Il y a les albums qu’ oublie après les avoir conçus, et ceux qui vous marquent et vous poursuivent à jamais. Pour Jay-Z, 4:44 appartient sans contexte à la seconde catégorie. Dans un entretien rare accordé à GQ pour son numéro d’avril – sa première couverture en près de dix ans –, le rappeur de 56 ans a reconnu que cet album de 2017, véritable confession publique sur ses infidélités et ses failles, est vite devenu inécoutable pour lui. « 4 : 44 a libéré beaucoup de choses. Je ne peux vraiment même pas l’écouter. C’est l’album que j’ai toujours eu peur de faire », a-t-il confié.
Sorti en juin 2017 sur Tidal, l’album marquait une rupture radicale : sur des titres comme Sorry ou Family Feud, Jay-Z évoquait ouvertement ses trahisons envers Beyoncé, ses regrets et sa thérapie. Une mise à nu qui avait sidéré l’industrie. « C’était juste pur et vulnérable. Mes véritables pensées intérieures », a-t-il ajouté.
Le temps n’y fait rien
Pour Jay-Z, près d’une décennie plus tard, la libération apportée par l’album reste réelle, de même que son coût émotionnel. Réécouter 4 : 44 reviendrait à revivre ce qu’il a fallu traverser pour l’écrire. Mais Jay-Z n’est pas du genre à rester bloqué dans le passé, et c’est bien pour ça qu’il s’apprête à remonter sur scène dans les prochains mois avec une série de concerts pour marquer les 30 ans de Reasonable Doubt, son premier album sorti en 1996.