Votre groupe sanguin peut-il vraiment
influencer votre risque de cancer de l’estomac, du foie ou de
l’intestin ? Entre sur-risques modestes et rôle des habitudes de
vie, les chiffres racontent une histoire moins alarmante qu’il n’y
paraît.
Et si une simple lettre sur votre carte de groupe sanguin en
disait plus sur vos risques de cancer digestif que vous ne
l’imaginiez ? Depuis quelques années, plusieurs équipes
s’intéressent au lien entre système ABO et tumeurs de l’estomac, du
foie, du côlon ou du pancréas. Leurs résultats suggèrent que
certains profils seraient plus exposés que d’autres, tandis qu’un
type de sang semblerait un peu plus protecteur. Mais ces écarts de
risque restent difficiles à interpréter sans regarder les chiffres
de près.
Groupes sanguins et cancers digestifs : qui est le plus exposé
?
Une vaste étude iranienne a suivi 50 000 adultes pendant sept
ans pour explorer le lien entre groupe sanguin et mortalité. Les
personnes ayant un groupe sanguin différent de O,
appelées groupes non O, ont présenté une mortalité globale un peu
plus élevée. Pour le cancer de l’estomac, les groupes A, B ou AB
affichaient un risque 55 % plus élevé que le groupe O. Les
individus de groupe A avaient aussi un risque environ six fois
supérieur de cancer de l’intestin, ou colorectal, selon ces
données.
Une autre recherche menée sur plus de 18 000 adultes a montré
que les personnes de groupe AB présentaient 45 % de risques
supplémentaires de cancer du foie. La même série de travaux
indiquait en revanche que les groupes O et AB
avaient environ un sixième de risque en moins de développer un
cancer du pancréas. En France, la population se répartit en 44 % de
groupes A, 42 % O, 10 % B et 4 % AB, ce qui rend ces résultats très
concrets.
Groupe sanguin, mécanismes possibles et
limites de ces données
Les scientifiques n’ont pas encore élucidé pourquoi les groupes
non O semblent plus concernés par certains cancers. Une hypothèse
met en cause les antigènes du système ABO, présents sur les
globules rouges et sur certaines cellules digestives, qui
moduleraient la réponse immunitaire face à des bactéries comme
Helicobacter pylori. Cette interaction pourrait favoriser une
inflammation chronique de la muqueuse et des modifications
cellulaires propices au développement tumoral.
Plusieurs experts appellent toutefois à la prudence, car ces
travaux ne prennent pas toujours en compte d’autres facteurs
majeurs de risque comme le tabac ou la consommation d’alcool.
Aucune recommandation de dépistage ne repose aujourd’hui sur le
seul groupe sanguin. Pour connaître le vôtre, il peut être
déterminé à la naissance, recherché lors d’une grossesse, d’une
intervention chirurgicale, ou via une prise de sang sur
prescription médicale.
Sources