Le manager catalan était évidemment satisfait de la copie rendue par les siens à l’occasion de la victoire face à Toulon, samedi. Il a apprécié de voir que son groupe avait retenu les leçons du revers face à Lyon et a mis en avant les performances de Peceli Yato et Max Hicks, entre autres.
Quelle valeur revêt cette victoire ?
On n’était pas satisfaits de notre défaite le week-end dernier. Même si on respecte tous les adversaires, on considérait qu’on avait plus perdu le match que Lyon ne l’avait gagné. Nous avions l’intention de réagir en étant plus précis, en tenant davantage le ballon et en étant meilleurs dans la gestion afin de ne pas perdre le fil. Autant d’éléments qui vont nous servir pour notre rendez-vous de fin de saison. Quoi de mieux que ces matchs face à des adversaires qui jouent la qualification pour nous pousser dans nos retranchements ? Et nous apprendre à gérer des situations que nous rencontrerons lors d’un match à l’extérieur d’une importance capitale pour le club ?
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Il y a eu deux matchs en un, tout de même ?
Oui, tout n’a pas été parfait. Nous avons fait une très belle première mi-temps face au vent, avec quasiment 75 % de possession, beaucoup de duels gagnés et des situations intéressantes. Nous aurions pu mener plus largement à la mi-temps. En seconde période, malgré l’appui du vent, on souhaitait continuer à porter le ballon. Malheureusement, l’entame nous a mis en difficulté à cause de notre mauvais jeu au pied et de pertes de balle. Nous sommes partis dans des séquences déstructurées alors que nous savions qu’ils allaient essayer de tout relancer car ils jouaient une grande partie de leur saison de Top 14. Mais contrairement à la semaine dernière, l’équipe s’est ressoudée et a fait front. On a vu une équipe qui voulait la victoire et qui est allée la chercher.
Qu’est-ce qui a fait la différence par rapport au match de Lyon, justement ?
Nous apprenons de nos erreurs, notamment de celles de la semaine dernière. Nous avons revu les moments où nous avons encaissé des essais alors que nous menions encore 25-18. Nous avons montré les attitudes de nos joueurs à ce moment-là : ils étaient isolés, chacun dans son match. Ce n’est pas ce que nous voulons. Nous voulons une équipe. Ce qui nous intéresse, c’est l’action d’après, comment se remettre le train sur les rails. Pour cela, certains joueurs sur le terrain ont des responsabilités et doivent les assumer. Comme je l’ai dit, tout ce que nous aurons à jouer, à commencer par la réception de La Rochelle, qui joue aussi le top 6, doit nous amener à avoir plus d’expérience et de maturité collective le jour de l’access-match.
Est-ce que votre équipe ressemble davantage à ce que vous vouliez ?
On a toujours une idée de jeu en fonction des joueurs à disposition. Ce que j’ai apprécié, c’est la qualité de nos avants, notamment sur la conquête. Nous avons profité des absences adverses sur la touche, Ribbans et Abadie, pour perturber les Toulonnais comme nous l’avons rarement fait cette saison. On a vu un match très efficace de nos avants, avec Max Hicks et Peceli Yato en têtes de proue. C’est très important : il n’y a pas de grande équipe sans un grand paquet d’avants. Ce sont eux qui sont allés chercher la victoire. On savait qu’on aurait un rendez-vous au niveau de la bataille physique, sur la mêlée, où on a trouvé des solutions, ou dans le jeu à une passe près des lignes, où nous les avons mis en difficulté.
Semaine après semaine, Peceli Yato confirme son retour au premier plan…
Peceli est à son niveau. On l’attendait comme ça et on l’utilise avec ses forces. On a voulu le faire rentrer sur la fin car il peut couvrir plusieurs postes, même numéro 8. C’est un joueur d’impact, différent, qui donne de l’énergie à ses coéquipiers et pose des problèmes à ses adversaires.
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Vous avez aussi évoqué Max Hicks. Que retenez-vous de sa prestation ?
Il fait partie de ces joueurs dont on attend qu’ils soient à leur meilleur niveau. Cela fait quelques semaines qu’il enchaîne des matchs de très haut niveau. C’est sûrement, depuis que je suis là, le meilleur match que je l’ai vu faire. Il a été omniprésent. C’est un super joueur offensivement, avec beaucoup de vitesse ballon en main, mais on l’a aussi vu très présent défensivement, notamment sur les touches, où il est entré dans la tête des lanceurs toulonnais. C’est un joueur très fort dans les duels, même s’il doit encore se discipliner. On travaille là-dessus car il va tellement vite dans le grattage que les arbitres ont parfois du mal à voir s’il a relâché l’attaquant. Quand on a des joueurs à ce niveau, comme Max ou Peceli, c’est plus facile pour tout le monde.
Un mot sur la première titularisation en Top 14 de Mayron Fahy, que l’on a vu entreprenant…
Je ne suis pas surpris. Depuis que je suis arrivé en novembre, je le vois s’entraîner tous les jours et je sais ce dont il est capable. C’est naturellement que je l’ai mis sur le terrain. J’avais hésité la semaine dernière et je l’ai un peu regretté. Comme Diego (Mascarenc), comme les autres jeunes du club, s’il joue, c’est parce qu’il est au niveau. Et s’ils sont meilleurs que les autres, ils auront peut-être rendez-vous le 14 juin pour écrire l’histoire de l’Usap. C’est notre objectif pour la fin de saison.
Le cap est clairement fixé…
Je l’ai dit clairement aux gars : ces matchs-là, nous devons les jouer pour gagner, surtout à domicile. Nous savons ce que nous jouons. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où nous ne devons pas jouer pour nous-mêmes, mais pour quelque chose de plus grand. Quand tu joues des phases finales ou un titre, tu joues pour le club mais aussi pour ton palmarès. Quand tu joues un match d’access, tu dois penser à tout ce qu’il y a derrière : tu as entre tes mains ou dans tes pieds l’avenir de beaucoup de personnes, des salariés, des supporters. L’Usap, ça représente plus que du rugby. Le 14 juin, nous mettrons sur le terrain les joueurs qui nous semblent, mentalement et physiquement, prêts à tout donner et à se sacrifier pour l’Usap.
Avez-vous des inquiétudes au sujet des blessés du jour ?
Diego (Mascarenc) a subi une commotion. Il a répondu au protocole. Mais comme il avait des problèmes de vue, nous ne l’avons pas remis sur le terrain pour le protéger. Tom (Ecochard) s’est ouvert le doigt. Ce n’était pas bien placé. Par sécurité, nous ne l’avons pas renvoyé. Sama (Malolo) a ressenti une décharge à l’épaule et Nemo (Roelofse) est sorti sur une béquille. Il n’y a pas trop de casse, c’est un point positif.
Vous allez désormais basculer sur la Challenge Cup. Quelle place occupe-t-elle dans votre fin de saison ?
Nous voulions nous y qualifier. Certes, Montpellier, ce n’est pas le meilleur endroit où aller en ce moment, mais nous allons utiliser ce match comme base de travail, avec certains joueurs qui auront l’opportunité d’intégrer l’équipe. Encore une fois, ce sera dans un contexte hostile et difficile. C’est ce qui doit nous préparer au mieux pour notre rendez-vous du 14 juin.