Depuis l’autorisation, fin mars,
d’un gazole présenté comme « non conforme », beaucoup
d’automobilistes se demandent ce qu’ils mettent exactement dans
leur réservoir. La méfiance grandit encore face aux écarts de prix
entre stations de supermarché et pompes de marque, où l’on trouve
une essence plus chère, censée être meilleure.
Une question revient partout : un carburant low
cost pourrait‑il être, lui aussi, « non conforme » et abîmer
le moteur ? Un mécanicien très suivi sur TikTok a détaillé la
différence entre essence ordinaire et
essence bon marché, pendant que le cas du gazole
d’été vendu en hiver montre une réalité plus nuancée. La frontière
n’est pas où on l’imagine.
Carburant « non conforme » : le cas du gazole d’hiver qui
inquiète
Concrètement, le diesel qualifié de carburant non
conforme ne respectait pas encore les critères hivernaux
de résistance au froid. En France, entre le 31 octobre et le 31
mars, le gazole vendu « devra justifier une TLF de -15 °C maximum ».
Le produit autorisé quelques jours plus tôt est en réalité un
gazole d’été, prévu pour une température limite de filtrabilité à 0
°C. Cette dérogation « permet d’augmenter de 20 % la production de
gazole », de mettre « davantage d’hydrocarbures en circulation » et de
« participer à la stabilisation du marché », a indiqué le
gouvernement, cité par 20 Minutes.
Quand il fait très froid, « la cristallisation des paraffines » et
l’eau contenue dans le gazole peuvent boucher filtres et
injecteurs. Le site Eurowag précise que les problèmes peuvent
survenir « à des températures jusqu’à cinq degrés supérieures à la
valeur de TLF ». Des additifs « anti gel » existent pour abaisser la
TLF jusqu’à -20 °C, dès 7 euros pour un plein de 40 à 50
litres.
Essence ordinaire ou essence bon marché : ce que voit vraiment
le mécanicien
Selon ce professionnel, le carburant premium et
le carburant de supermarché partagent la même base et respectent
tous deux les normes en vigueur. La différence tient aux additifs :
les grandes marques en ajoutent plus, pour nettoyer les injecteurs
et réduire l’usure, quand certains carburants low cost en
contiennent peu, voire aucun. « On ne le remarque pas en une
journée », insiste le mécanicien, cité par AutoBild. « Mais au fil
des années, la consommation peut augmenter, le moteur peut
s’encrasser et l’usure devient plus visible ».
Sur le moment, beaucoup regardent surtout la facture. Entre une
station premium et une station de supermarché, l’écart peut aller
de dix à vingt centimes par litre, soit environ 4 euros sur un
plein de 40 litres et jusqu’à 8 euros sur un long trajet. L’impact
des additifs, lui, se joue sur des milliers de kilomètres.
Comment choisir son carburant sans
confondre low cost et non conformité
Autrement dit, une essence bon marché n’est pas
un carburant « non conforme » : elle reste contrôlée, mais souvent
peu additivée. Pour les portefeuilles serrés, le mécanicien propose
un compromis simple : faire le plein le plus souvent en station low
cost, puis, de temps en temps, choisir une essence ou un diesel
premium pour profiter de leurs additifs nettoyants.
On peut verser soi même des additifs lors du plein, y compris
des produits « anti gel » pour le gazole en hiver. Par temps froid,
ce critère pèse plus que le logo de la station.
Sources