Ce week-end, au parc des expositions de
Charleville-Mézières, Laurent expose sa Citroën B2 normande de
1922, sauvée de l’oubli. Derrière cette vieille utilitaire
bordeaux, treize ans de travail et une raison très particulière de
la montrer au public.
Au parc des expositions de Charleville-Mézières, les visiteurs
vont lever les yeux sur de belles carrosseries brillantes, des
youngtimers rutilantes… et puis, au milieu, une Citroën vraiment
pas comme les autres. Une ancienne utilitaire, de couleur bordeaux,
patiemment remise en état par un artisan des environs, va attirer
les curieux autant que les passionnés de voitures
anciennes, selon L »Ardennais.
Derrière ce volant, il y a Laurent, artisan installé près de
Charleville-Mézières, qui enchaîne les restaurations de modèles
d’un autre temps et les kilomètres au volant. Il sera l’un des
exposants de l’exposition de voitures anciennes
organisée ce samedi 28 et dimanche 29 mars 2026, avec une Citroën
très spéciale dont on ne devine pas forcément l’année au premier
coup d’œil… et c’est justement ce qui intrigue.
Une Citroën B2 de 1922, vedette de l’expo à
Charleville-Mézières
La star du week-end sera une Citroën B2 normande de
1922, un modèle utilitaire que Laurent présentera au
public au parc des expositions. L’événement, monté par l’AAVAA
(Association des amateurs de voitures anciennes des Ardennes)
et le Lions Charleville Rimbaud, réunira plus de 80 véhicules au
profit des enfants malades du service pédiatrique de l’hôpital de
Manchester de Charleville-Mézières. « Ce sera la deuxième plus
ancienne voiture. Il y en aura une autre de 1919 », précise Laurent
à L’Ardennais. De quoi donner encore plus envie aux visiteurs de
venir voir de près cette vénérable Citroën.
Laurent ne s’est pas contenté de la remettre vaguement en route.
Il a entièrement repris cette B2 normande, un ancien véhicule utilitaire « des
paysans avec une caisse à l’arrière ». « J’ai mis treize ans à
refaire la Citroën B2, précise-t-il. J’ai tout refait à l’origine
avec des pièces neuves d’origine. » Une restauration au long cours,
menée en restant fidèle à la sortie d’usine, jusqu’à la teinte
bordeaux. Pour lui, c’était essentiel de respecter l’esprit de ce
modèle dont il rappelle volontiers : « C’est l’un des premiers
modèles fabriqués en France en série. »
Une B2 de 1922 qui roule vraiment, et une passion qui emmène
loin
Sur la route, cette Citroën B2 de 1922 ne se
conduit pas comme une voiture moderne. Au niveau des pédales, celle
du milieu commande l’accélérateur, un détail qui surprend les
non-initiés. Laurent, lui, y est habitué, et en profite pour rouler
à une allure qui lui convient bien. « À 50 km/h, on est bien »,
estime celui qui a participé au Centenaire de Citroën en 2019. Car
au fond, ce qu’il aime, c’est faire rouler ses autos. Avec sa
Traction 15/6 grise de 1953, par exemple, il est allé jusqu’à Rome
: « Elle a gagné un concours d’élégance à Rome. Mais on est aussi
allé avec elle en Suisse, en Écosse, en Hollande. On a fait des
milliers de kilomètres. » Cet été, changement de décor, mais pas
d’époque : il partira en vacances avec sa 404 rouge de 1962. « On
partira avec la caravane qui date des années 70 que je suis en
train de rénover. On prendra les petites départementales. On
prendra le temps, c’est ça les vacances. »
Sur ces petites routes, Laurent ne cherche pas seulement à
profiter de ses mécaniques. Il aime aussi les rencontres suscitées
par ses autos anciennes : « À chaque fois qu’on s’arrête quelque
part, les gens viennent nous parler. Ça leur rappelle des
souvenirs. On rencontre des gens très intéressants. » Membre de
plusieurs associations de passionnés, dont l’AAVAA, il s’est
construit, au fil des sorties et des rassemblements, un réseau
solide : grâce à tout cela, il a désormais des amis « partout en
France ». Laurent est aussi investi auprès de l’association Les
Mécaniques du cœur, qui organise des balades au profit des enfants
malades. Et pourtant, rien n’était écrit d’avance : « Enfant, je
n’ai pas joué plus que ça aux petites voitures. Je ne m’y
connaissais pas vraiment en mécanique, souligne-t-il. Ça a commencé
avec l’arrivée d’internet à la maison. Je pensais qu’avoir ce type
de voiture, c’était pour les riches. J’ai regardé des annonces sur
internet et j’ai trouvé ça raisonnable. J’ai
acheté ma première voiture et je me suis mis à la mécanique. » Une
trajectoire qui explique pourquoi, aujourd’hui, sa B2 normande de
1922 s’offre enfin au regard du public, après treize ans de
patience.