À Saint-Affrique-les-Montagnes, Guillaume
Blettery, 24 ans, lance un hovercraft radiocommandé géant en
contreplaqué et pièces 3D à des vitesses inédites. Entre record de
vitesse et cause caritative, son projet artisanal prend une
dimension inattendue.

Sur la pelouse d’un petit aérodrome de
Saint-Affrique-les-Montagnes, un engin blanc fend
l’air à ras du sol, là où, d’habitude, seuls les ULM s’élancent. À
quelques mètres, radio à la main, un jeune Tarnais de 24 ans suit
chaque mouvement du véhicule, concentré comme un pilote en finale
d’atterrissage, selon La Dépêche.

Ce jeune homme, c’est Guillaume Blettery, technicien de
maintenance industrielle à Castres, passionné d’aéronautique et de
bricolage. Dans son temps libre, il a conçu un hovercraft
radiocommandé
géant, en contreplaqué et pièces
imprimées en 3D
, qui file désormais à des vitesses que
lui-même n’imaginait pas au départ… et qui pourrait bien le mener
vers un record du monde de vitesse pour ce type
d’engin, avec en toile de fond un projet caritatif.

Guillaume, le “pas bon en maths” devenu concepteur d’hovercraft
géant

Dans son parcours, rien ne laissait forcément penser qu’il en
arriverait là. « À l’école, je n’étais pas très bon en maths ni en
physique », confie-t-il sans détour à La Dépêche. Au quotidien, il
travaille comme technicien de maintenance industrielle dans une
entreprise castraise. Et c’est en grande partie en dehors des
salles de cours qu’il a apprivoisé moteurs, flux d’air et notions
techniques.

Le déclic, il le résume en une formule simple : « La passion.
Quand on aime, on comprend différemment. » Depuis un an, Guillaume
passe une bonne partie de son temps libre au club ULM de la
Montagne Noire
, où il apprend à piloter et où il teste
aussi ses prototypes radiocommandés. C’est
là qu’a pris forme son idée d’aéroglisseur
radiocommandé
hors normes, bien loin des petits modèles de
loisirs.

Un hovercraft télécommandé XXL à 5 moteurs, un véhicule qui
file jusqu’à 50 km/h

Son engin n’a plus grand-chose à voir avec le modélisme
classique. L’hovercraft mesure environ deux mètres de long pour un
mètre de large. « Les modèles classiques font entre 50 et 80 cm. Là,
on est sur tout autre chose », sourit-il. Pour la structure, il a
misé sur des matériaux simples, comme le contreplaqué, et il a
complété le tout avec des pièces imprimées en 3D,
idéales pour les formes complexes et les supports sur mesure.

Côté mécanique, le véhicule repose sur un système plutôt
sophistiqué. Quatre moteurs assurent la poussée et la direction,
tandis qu’un cinquième moteur maintient la pression d’air sous la
jupe, afin de le faire « flotter » sur un coussin d’air. Résultat :
une glisse impressionnante, qui reste efficace même sur l’herbe
irrégulière du terrain ULM, là où bien des voitures radiocommandées
raccrocheraient tout de suite.

Au départ, l’ambition de Guillaume restait modeste. « Au départ,
je pensais juste atteindre quelques km/h », raconte-t-il. Lors des
premiers essais sur la piste en herbe de
Saint-Affrique-les-Montagnes, les choses ont vite
pris une autre tournure. Le hovercraft a rapidement atteint les 40
à 50 km/h : « Je me suis rendu compte qu’il y avait peut-être
quelque chose à faire. » Pour un engin artisanal télécommandé,
construit avec des matériaux de bricolage et des pièces 3D, la
performance commence à sérieusement compter.

Avec ces chiffres en main, le jeune Castrais s’est mis en tête
de viser plus haut. « Je n’ai trouvé aucune référence officielle
pour ce type d’engin. Ce serait intéressant d’en créer un, dans un
cadre reconnu, sur une piste adaptée. » L’idée serait de faire
homologuer une tentative de vitesse sur une longue distance,
idéalement sur un aérodrome, histoire de voir jusqu’où ce
hovercraft radiocommandé peut tenir sa pointe sans
la moindre aspérité sous la jupe.

Derrière ce défi technique, Guillaume voit aussi une occasion de
donner du sens à son projet. « Ce n’est qu’un objet radiocommandé,
donc sans grande valeur commerciale. Mais il peut avoir une valeur
symbolique », explique-t-il. Il aimerait s’appuyer sur la visibilité
de cette tentative de record pour soutenir une cause caritative, en
particulier au profit d’enfants et d’adolescents hospitalisés. Et
déjà, dans un coin de sa tête, il imagine la suite : « Un hovercraft
de six mètres, capable de battre un record du monde« ,
glisse-t-il, les yeux tournés vers cette prochaine étape qui, pour
lui, ressemble beaucoup à un rêve d’enfant qui refuse de
s’éteindre.