- Un attentat a été déjoué ce samedi devant les locaux de la Bank of America à Paris.
- Trois personnes interrogées par la police judiciaire parisienne, dont deux sont soupçonnées d’être directement impliquées.
- La Bank of America et le ministère de l’Intérieur s’interrogent sur les commanditaires, évoquant un groupuscule proche des Gardiens de la révolution iraniens.
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Le 13H
Derrière les murs qui ouvrent le reportage du 13H ci-dessus, interrogés par la section antiterroriste de la PJ parisienne, trois jeunes hommes sont désormais en garde à vue. Deux d’entre eux sont soupçonnés d’être directement impliqués dans un attentat à l’explosif déjoué en plein Paris la veille, devant les locaux de la Bank of America. Ont-ils agi de leur propre chef ou sur ordre ? Des commanditaires liés à Téhéran se cachent-ils derrière eux ? C’est la question que se posent à voix haute le ministère de l’Intérieur et les responsables de la banque américaine.
Enquêteurs autour du site de la tentative d’attentat devant la Bank of America, dans la nuit de vendredi à samedi. – TF1
À trois heures du matin ce samedi, devant le siège de la Bank of America, sous surveillance policière, deux hommes arrivent, capuches sur la tête. L’un d’eux traverse la rue pour filmer la scène. L’autre dépose un engin explosif artisanal, composé de 5 litres d’hydrocarbure et d’un pétard de 650 grammes de poudre explosive. Il sort un briquet pour l’allumer et est immédiatement interpellé.
Il s’agit d’un mineur de 17 ans, qui se dit sénégalais, et habite à Montreuil, en banlieue parisienne. Il est connu de la justice pour des faits de droit commun. « Aux enquêteurs, durant sa garde à vue, il a expliqué qu’il avait répondu à une annonce sur le réseau social Snapchat, ‘contre 600 euros, allez déposer cet engin incendiaire’. Et ce mode opératoire, on l’a déjà retrouvé dans d’autres actions précédentes en Europe », explique Guillaume Chieze, chef du service police-justice TF1/LCI.
« On se doute quand même que le lien avec l’Iran est là »
Des actions symboliques aux dégâts limités, comme celle perpétrée devant l’ambassade des États-Unis en Norvège le 8 mars dernier, revendiquée par un mystérieux groupuscule pro-Iran. Ce même groupe a semblé revendiquer un incendie devant une synagogue en Belgique, en diffusant des images de l’opération. Ou encore lundi dernier, lors de l’attaque à Londres contre des ambulances d’une organisation juive.
« Par rapport aux revendications, au langage, au visuel qui est utilisé, on se doute quand même que le lien avec l’Iran est là. Même si on voit que la République islamique essaie tout de même par ce biais, en quelque sorte, de se décharger de toute responsabilité », analyse l’universitaire Myriam Benraad, spécialiste du Moyen-Orient. Considéré comme proche des Gardiens de la révolution, ce groupe avait justement diffusé une vidéo il y a 8 jours, désignant pour cible le siège de la Bank of America à Paris.
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Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé faire le « lien » entre la tentative déjouée à Paris et la guerre au Moyen-Orient. Le parquet antiterroriste s’est immédiatement saisi et a ouvert une enquête notamment pour « tentative de dégradation par incendie ou moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste ».
La rédaction de TF1info | Reportage : Esther LEFEBVRE, Guillaume CHIEZE, Elsa ASSALIT
