Par
Mathieu Charré
Publié le
30 mars 2026 à 8h14
Ceci n’est pas un bateau, dirait Magritte. Le long du boulevard de l’Ouest, dans la Seine, a amarré ce mercredi 25 mars le futur lieu de vie de Rouen. Le bateau Noé, esquif de 61 mètres de long aux multiples vies, est venu depuis Rochefort débuter son nouveau chapitre. « On veut en faire une Bellevilloise flottante », image Renaud Barillet, directeur de Cultplace à la tête du projet – et de la Bellevilloise (entre autres), centre artistique et culturel parisien.
Un ancien baleinier
Rembobinons. Construit au Portugal en 1959, l’Olavur Halgi était d’abord un baleinier et morutier, avant de devenir le Veagag, un bateau garde-côte, puis d’être renommé Noé à la fin des années 1990. Immobilisé à Lorient à la suite de difficultés financières, il a repris vie à partir de 2013 sous l’impulsion de Riaz Barday, homme d’affaires franco-malgache.
En 2019, Renaud Barillet rencontre le destin du bateau et s’associe avec Riaz Barday… qui disparaît tragiquement durant l’épidémie de Covid, en 2021. « On a failli lâcher l’affaire, explique Renaud Barillet. Mais on était tombé amoureux de ce bateau, son histoire, sa ligne ».
Remorqué à Bordeaux puis installé à Rochefort
Alors le Noé, qui ne peut plus naviguer seul, est remorqué de Lorient à Bordeaux, où il est caréné avant d’entrer dans l’Arsenal de Rochefort en 2023. Entre travaux, vie de musée et bar, il s’installe en Charente-Maritime. Trois ans plus tard, il flotte vers sa nouvelle destination : Rouen.
On cherchait une destination pas trop loin de nos bases, à savoir l’Ouest et Paris. Il fallait aussi respecter des contraintes de taille, il n’y avait pas tant d’endroits que ça qui pouvaient accueillir un tel projet. Les élus à Rouen, et notamment Nicolas Mayer-Rossignol, ont montré un vrai intérêt, dans leur envie de dynamiser la vie des quais.
Renaud Barillet
responsable du projet bateau Noé
Aujourd’hui à l’écart des quais de Seine, « une place d’attente et de chantier » précise Renaud Barillet, le bateau Noé doit à terme s’installer quai Ferdinand de Lesseps, pour devenir ce lieu de vie annoncé le plus vite possible. « Dès juillet cette année, l’objectif est d’en faire un bar avec petite restauration, de programmer des ateliers, des concerts, des DJ set en semi-plein air, pour une saison de deux mois », espère Renaud Barillet.

Le bateau Noé devrait ouvrir ses portes au mois de juillet 2026. (©MC/76actu)
En 2027, le projet voit plus loin et vise à transformer l’ancienne cale à poissons en salle de programmation, pour des concerts, spectacles et soirées club, pour une capacité d’environ 350 personnes. « On veut aussi avoir une activité pédagogique, avec des ateliers sur les enjeux du vivant, le climat, la diversité », précise Renaud Barillet. Un lieu de rencontre entre ambitions festives et pédagogiques.
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À Rouen, mais pour combien de temps ?
Aujourd’hui en pause, le site internet du Noé – et ses réseaux – vont rapidement être repris en main pour documenter l’évolution du bateau jusqu’à son ouverture rouennaise. Idéalement, l’épisode devrait durer entre trois et cinq ans, mais beaucoup de paramètres, administratifs notamment, entrent en compte.
« J’ai du mal à me dire que le bateau ne bougera plus, j’aime l’idée qu’il aura d’autres aventures, mais dans le même temps on aime aussi le long cours », constate Renaud Barillet. Dans la narration de son existence, l’arc normand de Noé ne fait peut-être que commencer.
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